Shaft

[Fiction] OA : le light novel

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Après une discussion l'autre midi sur la SB, j'ai décidé d'essayer d'écrire un LN mettant en scène les membres d'OA les plus présents et ceux/celles que je connais le mieux.

 

L'idée est de reprendre un environnement de type fantasy avec quelques clins d'oeil à des références d'otakus. Pas de MMO à proprement parler ici en revanche. Le but de ce LN c'est juste de s'amuser un peu, je le continuerai tant que j'aurais le temps et le plaisir de l'écrire. Pour ceux qui ont lu ou regardé Konosuba, je pense m'orienter vers un scénario de ce genre. J'ai lu quelques LN donc je risque de m'en inspire de manière consciente ou inconsciente. Mais j'écris au fil de la plume (ou plutôt du clavier), je n'ai pas d'idée précise de là où cela va arriver, juste quelques idées sur le caractère des personnages.

 

J'écris sur word, donc je ne me rends pas vraiment compte de la longueur de ce que j'écris, je ne sais pas encore quelle taille donner à mes chapitres donc je risque de chercher une "juste" taille un moment. Le 1er chapitre m'a pris quelques heures hier soir. La rapidité d'écriture de la suite dépendra de ma motivation, je ne me fixe pour le moment aucun objectif.

 

J'écris à peu près correctement, la lecture devrait être moins atroce qu'une écoute de mes compositions musicales ou un visionnage de mes œuvres d'art. Vous êtes libres de critiquer, la perfection est un mythe.

 

Voilà le premier chapitre, je ne vous fais pas patienter plus longtemps :

 

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Chapitre I : Un réveil difficile

 

Alors que le soleil est déjà haut dans le ciel, une respiration régulière résonne dans la maisonnée. La couverture monte et descend en rythme. C’est dimanche et Kiri dort profondément après une nuit de dur labeur. Il a la bave aux lèvres et affiche un sourire béat. La porte de la chambre s’ouvre : un canard débarque et tire avec force sur la couverture.

 

« MMMmmmmuuuu. »

 

D’un bond leste, le canard monte sur le lit et commence à donner des coups de bec à un Kiri qui continue à dormir comme un bienheureux malgré les assauts répétés. Constatant avec dépit la futilité de ses efforts, il décide de changer de tactique.

 

« Oh une loli frappe à la porte, elle vient sûrement quémander des légumes. »

 

« Hein ? Quoi ? Une loli ! Où ça, où ça ? »

 

Kiri se lève avec agilité et descend l’escalier quatre-à-quatre avant de constater avec déplaisir qu’il n’y a personne sur le seuil de la porte.

 

« Canard, c’est pas cool franchement, je dormais bien ! En plus, je rêvais qu’une idole du groupe de ménestrels K-O venait manger un sandwich géant au bacon. On l’attaquait chacun d’un côté et... »

 

« Coin ! Je m’en bats les magrets de ton rêve. Tu as oublié que c’est le jour où le percepteur doit passer.»

 

« Ouh put****, en plus on a sorti un max d’alcool pour la beuverie d’hier. Va falloir planquer les fûts de gnôle ! Si on les mettait dans la mare aux canards ? »

 

« Kiri… Tu n’es pas très fut-fut… Les tonneaux flotteraient à la surface et puis tu l’as dit toi-même on ne met pas de l’eau dans le whisky. »

 

Kiri s’esclaffe avant de se reprendre. Après tout la situation était sérieuse. Le baron Boisansoif avait interdit sur sa terre tout commerce d’alcool en dehors des établissements qui payaient un lourd tribut au seigneur. Cela lui permettait de se constituer un joli pactole et de s’affranchir de l’autorité du Roi en créant sa milice personnelle. Il était également célèbre pour son amour des femmes et des belles choses.

 

Malheureusement Kiri n’avait pas les moyens de payer une telle somme d’argent et opérait un bar clandestin avec l’aide de Cana le canard. De temps en temps, des groupes d’idoles itinérants venaient y divertir les clients. Un des alcools qu’il servait avait – à tort ou à raison - la réputation de permettre de se rapprocher de Dieu : la Stro. Cependant, il risquait gros avec ce commerce fructueux : le crime de vente d’alcool sans licence était sanctionné par un écartèlement des parties sur la place publique. Les bourreaux se faisaient un plaisir sadique de l’exécuter.

 

Sa petite fermette vivait en apparence des produits de la terre et de l’élevage des canards mais elle abritait dans son sous-sol un débit de boissons. Sa situation, à l’orée de la forêt, lui permettait d’éviter d’attirer l’attention de la milice, réputée pour sa brutalité. Ses clients venaient par le bouche-à-oreille, attirés par le prix de la boisson qui échappait aux taxes du baron. Ils avaient tout intérêt à garder l’existence du lieu secrète s’ils voulaient continuer leur débauche à moindre prix. Le quotidien des champs est morne, boire une chope de bière le soir après les moissons, quelle extase ! Par ailleurs, la guilde des idoles est très puissante, même les nobles évitent de s’y frotter, d’autant qu’elles sont au courant de nombres de leurs petits secrets.

 

« Heureusement que tu es là Canard, je ne sais pas ce que je ferai sans toi ! J’ai failli commettre l’irréparable ! On en fait quoi alors ? »

 

Des coups sourds frappés contre la porte viennent interrompre la conversation. Une voix s’élève :

 

« Ouvrez, c’est la milice du seigneur, nous venons percevoir l’impôt ! »

 

Kiri commence à paniquer et tente de consulter du regard le canard. Le palmipède lui tourne le dos et contemple les nuages en forme de ramens par la fenêtre.

 

Résigné, Kiri hausse les épaules et déverrouille la porte. Deux hommes en armes pénètrent dans la demeure.

 

« Hé bien, vous avez pris le temps pour nous ouvrir, vous n’auriez pas quelque chose à vous reprocher mes gaillards ? »

 

« C’est dur de se lever le dimanche midi Monseigneur vous savez. J’ai dû m’occuper des bêtes assez tard hier soir. Il y avait des canes qui devaient accoucher.»

 

« Vous vous foutez de ma gueule paysan ? Les canes pondent des œufs ! Et quelle est cette odeur pestilentielle d’alcool ! Rufus, fouillez-moi cette habitation de fond en comble ! »

 

« Bien mon capitaine. »

 

Rufus entreprend alors une recherche méticuleuse de la maison et ne trouve rien de suspect. Son attention est alors attirée par une autre bâtisse un peu à l’écart. L’herbe semble avoir été foulée par pas mal de gens récemment. Après avoir franchi le seuil de la grange, il trébuche contre un anneau en métal et décide d’investiguer ce qu’il cache. Sous un tas de paille, une trappe apparaît.

 

« Capitaine, j’ai trouvé un endroit suspect. Dans la grange, il y a une trappe qui semble mener vers une sorte de cave. Et ça empeste l’alcool ! »

 

« Hoho, notre informateur à moitié ivre disait la vérité semble-t-il. Il s’est vraiment pris un râteau par cette idole dans un tripot clandestin. HAHAHAHA le nigaud ! »

 

Kiri serrait les dents et son cerveau tournait pour une fois à plein régime. Il savait qu’il était à la merci d’un contrôle de ces chiens à la solde de Boisansoif mais il ne pensait pas se faire découvrir aussi tôt. Quelle poisse ! Finies les beuveries avec les copains, les soirées avec les idoles aux culottes shimapan… Non, il ne pouvait pas accepter ça, c’était trop injuste !

 

Son sang ne fit qu’un tour, il prit Cana par le cou et le projeta avec force sur le capitaine qui, surpris par la manœuvre, mit un certain temps à réagir pour se protéger le visage. Kiri utilisa le laps de temps d’hésitation de l’homme d’arme pour tirer le tapis à ses pieds. Il chuta lourdement, la tête en arrière contre le meuble qu’il avait hérité de tante Augusta.

 

« Je n’aurais jamais cru que cette vieille peau me serve à quelque chose un jour. En même temps, elle était assommante… Que faire Canard ? J’ai peut-être tué un homme du baron ! Je ne veux pas mourir si jeune ! Je ne suis pas marié et je dois continuer à protéger la loli et l’orpheline des griffes de ce salaud ! »

 

« Du calme. En tout cas, le moins qu’on puisse dire c’est que tu l’as mis au tapis. \o/ Echappons-nous par derrière avant que l’autre sbire ne se ramène. Ils auront plus de mal à nous poursuivre dans la forêt, surtout qu’elle a la réputation d’être hantée ! »

 

Avec le canard sur ses talons, Kiri s’élance vers l’arrière de la maison mais s’arrête brusquement. Il fait finalement demi-tour. Cana s’inquiète :

 

« Hey, qu’est-ce que tu fous ! Ils vont nous voler dans les plumes si tu ne dépêches pas ! »

 

Kiri revient quelques instants plus tard, le sourire aux lèvres, avec une bouteille de Stro et un sac de sandwichs au bacon dans les bras. Une vieille épée poussiéreuse est maintenant accrochée à sa ceinture.

 

« Même si je dois mourir un jour, je veux mourir gras ! »

 

Le cri de Rufus qui vient de trouver son supérieur inanimé retentit. Kiri prend ses jambes à son cou et s’enfonce dans les bois obscurs en compagnie de Cana.

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Joli début de récit ^^ . J'ai bien aimé !!! Je veux la suite !

 

En tout cas, le coup du bacon, de la gnôle et de la loli c'est effectivement du Kiri, ça XDDDD !!!

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Bon voilà le chapitre 2 que vous attendez tous et toutes avec impatience, je n'en doute pas. x) Il est un peu plus long que le 1er.

 

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Chapitre 2 : Boulet un jour, boulet toujours

 

Après de longues minutes d’une course qui semble durer une éternité, Kiri s’arrête pour reprendre son souffle.

 

« Canard, quand je pense que tu abandonnes un harem de canes pour moi, je suis tout ému… »

 

Cana bombe son torse et prend une pose digne d’une idole devant un public de fans hystériques.

 

« Coin ! Elles n’étaient bonnes qu’à cancaner de toute façon, et que deviendrais-tu sans un canard ? Mais ne te méprends pas, je ne fais pas ça pour toi ! J’avais envie de changer un peu d’air et c’était l’occasion idéale. »

 

« Par contre, j’ai entendu dire qu’il y avait un ogre dans ces bois. Les villageois parlaient souvent de petites filles qui disparaissaient dans des circonstances étranges. Je ne sais pas si c’est une bonne idée d’aller plus loin. »

 

« Pense au sort que les hommes du baron te réserveront s’ils t’attrapent. Tu pourrais finir embroché comme un poulet au fil de l’épée, dévoré par les molosses affamés, découpé en tranches par un bourreau zélé... »

 

« Pourquoi tu traînes autant Canard ? On doit au plus vite mettre de la distance entre la milice du baron et nous. Tu ne crois quand même pas que j’ai peur d’un ogre gringalet ? Même si on croise une tribu de trolls, je les assommerai à mains nues ! »

 

Kiri brandit son poing fermé vers le ciel, comme bravant les épreuves que le destin lui imposait. D’un commun accord, ils reprirent leur marche et s’enfoncèrent plus profondément dans la forêt.

 

La forêt devenait de plus en plus dense au fur et à mesure que le duo avançait. Les futaies des chênes millénaires se hérissaient tel un rempart de verdure contre les rayons du soleil. L’humidité du sol commençait à remonter, la nuit était sur le point de tomber. Les deux lunes du ciel baignaient d’une clarté diaphane les frondaisons des arbres, conférant un aspect fantasmagorique au paysage.

 

Puis petit à petit, le décor changeait, le sol devenant plus caillouteux et inégal. Le règne végétal laissait progressivement place à un paysage moins luxuriant où quelques buissons épineux poussaient de manière anarchique.

 

« Canard, je ne sens plus mes jambes. Arrêtons-nous pour souffler un instant et manger un morceau. »

 

« Chochotte ! Avec mon bol de ramens de ce matin, je peux tenir sans manger encore une ou 2 semaines. Mais en effet, il vaut mieux ne pas avancer le ventre vide. »

 

Après quelques essais malheureux, Kiri parvient finalement à faire du feu grâce à Cana qui s’est résigné à venir l’aider. L’esprit de Kiri n’a jamais fait d’étincelles, ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer pense-t-il en son for intérieur.

 

« GRrrououououlllggg »

 

Rasséréné par la chaleur, le ventre de Kiri rappelle à tous son existence par un concert de gargouillis du plus bel effet. Il déballe deux sandwichs de son sac et met le bacon à griller pendant que le canard jouit d’une courte sieste.

 

« ROOOOOOOOAAAAAAR »

 

Un rugissement puissant d’une extrême férocité se fait entendre. Sur un éperon rocheux, une créature d’une taille imposante les contemple avec des yeux rouges de prédateur. Couverte d’un pelage sombre, elle possède deux longues canines effilées d'un blanc immaculé.

 

Poussées par un puissant instinct de conservation, les jambes de Kiri se mettent en marche au quart de tour. Il prend Cana dans ses bras qui continue à dormir profondément et court à perdre haleine, abandonnant les sandwichs au bacon sur place.

 

Le félin se rapproche du feu, flaire le bacon un instant puis décide de s’élancer à la poursuite de Kiri. Pendant ce temps, le canard se réveille.

 

« Coin ! Que se passe-t-il ? Tu m’as promis de ne jamais manger de canard ! Oserais-tu revenir sur cette promesse ? Je t’assure qu’avec mes deux litres de bière quotidiens mon foie a très mauvais goût ! »

Cana fait des yeux apeurés et affiche une moue à fendre le cœur.

 

Kiri l’ignore royalement et maintient son allure, manquant plusieurs fois de trébucher sur les roches qui effleurent du sol. Il commence à sentir le souffle du prédateur qui se rapproche avec une grâce cruelle. Une cavité apparaît dans la roche, il y plonge spontanément sans réfléchir puis rampe frénétiquement vers l’intérieur.

 

« ROOOOOA GGGRRRRAAAAAA »

 

Devant l’entrée, le grondement violent mais résigné de la bête fait trembler le sol. Ses griffes acérées pénètrent la surface de la roche à la recherche de sa proie. Mais cette grotte est trop étroite pour laisser passer le corps du monstrueux félin à deux queues.

 

Kiri continue de progresser dans l’anfractuosité rocheuse malgré les cris de protestation du canard. La cavité s’élargit et le plafond est à peu près à hauteur d’homme. Il s’arrête et libère le canard avant de lui expliquer ce qui s’est passé pendant son sommeil. Cana se couvre la tête avec l’aile.

 

« Attends, tu as fait griller le bacon alors que les bêtes nocturnes commençaient à sortir de leur tanière ? Les canes me disaient que tu as une cervelle de poulet, je commence à comprendre pourquoi. »

 

« Quand je pense à ces pauvres sandwichs abandonnés tous seuls dans une forêt sauvage, tout ce bacon… Mon cœur saigne ! »

 

« Heureusement que c’est juste ton cœur qui saigne, je connais une Pantheras qui regrette de ne pas avoir eu son Kiri-goûter. Quelle chance d’avoir trouvé cette grotte ! »

 

Peu désireux de se retrouver nez-à-nez avec la terrifiante bête sauvage, Kiri et Cana commencent l’exploration de la grotte. Celle-ci se révèle beaucoup plus profonde qu’elle en a l’air et la lueur des champignons fluorescents leur permet de progresser sans trop se cogner aux murs. Après plusieurs minutes d’effort, ils arrivent à un embranchement où le chemin se sépare en trois.

 

Kiri décide de tenter le chemin de droite. Celui-ci est un peu plus obscur que les autres mais il fait confiance à son intuition légendaire. De l’eau coule avec une force suffisante pour produire un grondement sourd.

 

« Si l’eau passe, il n’y a pas de raison pour qu’un alcoolo ne passe pas après tout ! »

 

Perdu dans ses réflexions philosophiques, il ne remarque pas le vide sous ses pieds. Il est sauvé in extremis par le canard qui a senti instinctivement le vide et stoppe sa chute en agrippant ses habits par le bec avant de le projeter en arrière.

 

Ils font demi-tour et décident ce coup-ci d’emprunter la voie du milieu. Le sol est jonché d’un parterre de fleurs multicolores. Un parfum envoûtant emplit l’air ambiant. Attiré par cette fragrance comme la mouche par le miel, Kiri se baisse pour mieux les sentir avant de tituber comme un homme ivre. Souhaitant reprendre son équilibre, il s’appuie contre la paroi rocheuse. Sa main s’enfonce dans la roche, un bruit de mécanisme résonne dans la grotte.

 

« Sffffiiiiiiiiittttttt »

 

Deux carreaux sont décochés par une arbalète dissimulée dans le mur. Vif comme l’éclair, Cana lance 2 plumes et parvient à dévier la trajectoire des projectiles enflammés qui viennent percuter les parois rocheuses avec un bruit sec.

 

« Coin ! Ne touche plus la paroi ! Je ne sais pas si cet endroit cache un précieux trésor mais cela commence à sentir le roussi. »

 

« Un trésor !!!! Canard, on doit le trouver ! Imagine un peu le harem de lolis qu’on pourrait avoir avec quelques sacs d’or !!! »

 

Tout excité à cette idée, Kiri s’essuie la bave à ses lèvres et continue à avancer d’un pas décidé, non sans déchirer ses vêtements pour se créer un masque le protégeant des émanations toxiques des fleurs. Ils arrivent finalement à une cave spacieuse un peu plus fraîche où le sol commence à s’élever.

 

« RUMBLLLL RUMBLLLL »

 

Un énorme bloc de glace descend la pente à toute vitesse et se dirige droit vers eux. Kiri attrape Cana par les pattes et ce dernier fait demi-tour aussi vite qu’il peut à la force de ses ailes. Son lourd fardeau le ralentit. La sphère se rapproche dangereusement d’eux, un frisson gelé parcourt leurs échines. Kiri fait des mouvements de balancier, heurtant violemment la paroi à intervalle régulier. Un choc déclenche une trappe et le bloc finit sa course contre d’énormes piques de métal enduites d’un liquide verdâtre.

 

De retour à l’embranchement, Cana coupe son effort et reprend son souffle après cet effort intense. Kiri a le visage tuméfié par les chocs qu’il a reçus mais ce qui frappe le plus c’est son teint livide. Il donne un coup de pied rageur dans la roche en hurlant :

 

« Normalement, c’est moi qui consomme le glaçon, pas l’inverse ! »

 

« Coin ! Ne perdons pas notre sang-froid, qui sait quels pièges tordus nous attendent sur la route de la fortune. Tentons la voie de gauche. »

 

A l’évocation du trésor, le visage de Kiri reprend des couleurs. Il affiche même un sourire béat.

 

« Oui, tu as raison Canard, allons-y ! »

 

Échaudé par les pièges précédents, Kiri avance à pas de loup, le canard juché sur son épaule, en prenant soin de ne déclencher aucun mécanisme. Le troisième chemin se révèle vite différent des précédents. Le couloir s’élargit pour laisser place à ce qui ressemble à une pièce d’habitation creusée à même la roche. Quelques meubles rudimentaires l’agrémentent.

 

Au centre se trouve une table avec un livre dont on peut apercevoir la couverture à la lueur de la lanterne. A sa vue, les yeux de Kiri brillent d’une lueur avide. Il s’agit du dernier numéro de PlayMoé, le magazine bien connu sur les femelles neko en tenue affriolante. Alors que Kiri s’en empare en rigolant, un filet se referme et les fait prisonnier. Le canard essaie de couper les fils avec son bec mais en vain, celui-ci est renforcé avec un alliage à base de mithril.

 

Trois silhouettes de petite taille se présentent sur le seuil de la porte.

 

« Onii-chan va avoir plein de nouveaux jouets ! »

 

« Fricassée de canard et rôti d’humain, j’en bave d’avance ! »

 

« Un misérable humain et un vulgaire canard, oser venir souiller la demeure de Master. Quelle outrecuidance ! »

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Oui Syel m'avait fait remarquer qu'il n'y avait pas vraiment vraiment de suspense dans le premier chapitre. Là j'y ai un peu remédié mais je ne sais pas si j'ai fait vraiment fait exprès ou si c'est plus facile une fois que l'histoire est un minimum lancée. :hum:

 

J'ai eu une bonne idée en me levant et cela m'a motivé pour écrire la suite dans la foulée et arriver à un début d'expression de cette idée qui a le mérite de combler un vide qui me déplaisait.

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Franchement... BRAVO !!! hahaha, c'est juste excellent, c'est drôle a souhait et ca donne envie de lire la suite ^^

 

Franchement je ne te savais pas aussi doué en écriture, hâte de découvrir la suite :)

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Voilà le chapitre 3 qui introduit entre autres un bishonen le personnage le plus important de l'histoire.

Je suis sûr que vous partagerez mon avis ! :mwhaha:

Le chapitre a encore gagné en longueur il me semble, bientôt vous aurez 4 minutes de lecture. :P

 

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Chapitre 3 : les grands esprits se rencontrent

 

Kiri n’en croit pas ses yeux. Trois lolis quasiment identiques apparaissent dans son champ de vision. Elles ont toutes le teint pâle, des cheveux blancs, des yeux émeraude et leur front est surmonté d’une mystérieuse gemme rouge sang. Seule la coiffure permettait de les différencier. L’une d’entre elles avait deux couettes, une autre une queue de cheval et la dernière de longs cheveux qui lui arrivaient presque jusqu’à la taille. Elles étaient habillées avec une toge blanche seyante assez courte sur laquelle étaient dessinés d'étranges glyphes dorés. En dépit de leur petite taille, leur corps était assez bien proportionné et le regard de Kiri ne pouvait s’empêcher de se fixer sur leurs décolletés.

 

« Ce vermisseau est en train de nous reluquer. Dois-je lui apprendre les bonnes manières ? Seul Master a le droit de me désirer, mon corps existe pour le servir ! »

 

« Du calme, cela fait longtemps qu’Onii-chan n’a pas reçu de monde, on va pouvoir prendre le thé et manger plein de gâteaux. »

 

« Owiiiii des gâteaux en forme de nekos ! Allons le prévenir, il a encore dû s’enfermer pour une expérience. »

 

Les trois lolis quittent la pièce avec précipitation. On peut voir des étoiles dans leurs yeux.

 

Kiri pense à voix haute :

 

« Canard, j’ai trouvé le paradis, tu peux me pincer que je me réveille de ce rêve. »

 

Cana s’exécute sans se faire prier.

 

« Aïeeeeeeuuu, ce sont donc de vraies lolis… Le destin nous a réunis ensemble ! »

 

Kiri prend un air pensif puis murmure à l’oreille de Cana, profitant de l’absence des trois filles :

 

« Bon écoute Canard, ils ne savent pas que tu es capable de parler alors dorénavant tu ne prononceras que « coin ». Mon grand-père m’a toujours dit qu’il fallait éviter de l’ébruiter, tu pourrais te retrouver dans un cirque ou pire en cobaye dans un laboratoire… »

 

« Coin ! »

 

Des bruits de pas résonnent au loin. Une personne d’assez grande taille entre dans la pièce. Les traits de son visage étaient fins comme s’il avait été ciselé de la main d’une divinité. Il était svelte mais ne semblait pas fragile. Ses avant-bras révélaient la présence de tatouages qui lui conféraient une aura mystique. Son habit était constitué d’une toge similaire aux trois lolis mais d’un vert tilleul en harmonie avec ses yeux verts et sa chevelure blonde. Une lueur malicieuse dansait dans ses yeux. Mais ce qui frappait le plus les spectateurs, c’était sa coiffure en pétard qui surmontait deux oreilles à l’extrémité pointue. La peau de son visage portait des traces de brûlures.

 

Deux lolis entrent à sa suite, poussant un chariot avec du thé et des petits gâteaux. La loli avec la queue de cheval arrive peu après avec un fauteuil finement ouvragé qu’elle pose avant d’encourager l’elfe à s’asseoir d’un geste gracieux de la main tout en gardant une expression imperturbable. Ce dernier tient dans la paume de sa main un cristal transparent.

 

« Bonjour chers hôtes, je m’excuse de ne pas pouvoir vous accueillir avec les honneurs dus à votre rang mais on n’est jamais trop prudent. Que nous vaut le plaisir de votre présence ici ? »

 

« Bien le bonjour Monseigneur, je me promenais dans les bois avec mon canard domestique à la recherche de champignons hallucinogènes quand nous avons été surpris par une bête féroce. Nous nous sommes réfugiés dans une caverne et de fil en aiguille nous sommes arrivés ici... Nous ne sommes pas du tout là pour chercher un trésor, je vous assure ! »

 

« Coin… »

 

« Je vous l’avais dit, on ne peut pas faire confiance à ce cancrelat qui se dandine serré entre les mailles du filet avec une expression joyeuse. Il me répugne, puis-je mettre fin à sa triste existence Master ? »

 

« Un trésor… »

 

Le maître des lieux prend par la taille la loli à couettes avant de la poser sur ses genoux et de caresser ses cheveux. Cette dernière rougit avant de déclarer :

 

« Onii-chan, tu es vraiment osé aujourd’hui, me prendre à bras-le-corps de cette façon... Tu veux à ce point qu’on fasse des bébés ensemble devant les invités ? »

 

Shaft ignore son intervention et s’emporte :

 

« Avouez viles créatures, vous voulez mettre la main sur mes précieuses. L-O-L-I, la perfection en quatre divines inscriptions. La forme exaltée de l’âme et du corps dans cette petite mais Ô combien sublime enveloppe ! Cette peau de velours qu’on rêve de caresser avec extase. Cette fragrance douce et addictive qu’on respirerait à plein poumons jusqu’à mourir d’asphyxie. Ces grands yeux purs et pleins d’innocence qui ne demandent que l’Amour le plus noble qui existe sur la terre et dans les cieux. Ils engloutissent votre âme toute crue dans un ravissement béat. Leur sourire enjoué qui ne sait discriminer. Elles respirent la joie de vivre et la transmettent à tous. Idoles naturelles devant l’éternité, leur charme fait passer les déesses pour de vulgaires et basses idoles intéressées. La Nature se prosterne devant cette beauté qu’elle a créée dans un moment de grâce. La loli cet idéal toujours recherché et pourtant si rarement égalé… »

 

Un torrent de sang qui sort du nez de Shaft vient interrompre cette ode. La loli à couette sort un mouchoir en soie avec des cœurs de sa poche et éponge le nez de l’elfe. Les joues des trois petits êtres prennent une teinte pourpre qui contraste avec la blancheur de leur peau.

 

Kiri touché par cette tirade commence à pleurer d’émotion. Une fontaine coule et ne veut pas s’arrêter.

 

« Jamais je n’oserais déposséder un lolicon de ses lolis ! Cela serait triste comme une vie sans gras, un sandwich sans bacon… Quand j’ai vu que la caverne était piégée, j’ai pensé que quelqu’un y avait dissimulé un trésor. J’espérais juste trouver un peu d’or pour me payer un harem de lolis. »

 

Kiri renifle après son émouvante confession et s’essuie le nez dans les ailes de Cana avec une rare élégance. La pierre dans les mains de Shaft luit d’un éclat bleu azur.

 

« Je vous crois, la pierre des Origines vient de réagir à votre témoignage, elle a le pouvoir de changer de couleur quand un cœur pur affirme la vérité avec conviction. Lilu Beta, libère nos hôtes de ce filet. »

 

Lilu Beta sort de nulle part une gigantesque hache barbare qui fait au bas mot le double de sa taille. Elle ne semble pas handicapée par le poids de l’arme et la manie avec aisance. Elle l’abat d’un coup sec sur la surface du filet qu’elle tranche sans effort. Ses longs cheveux blancs se soulèvent avec la force de l’onde de choc. Kiri et Cana tombent avec un bruit sec sur le sol en pierre.

 

« Ah Canard t’es trop gentil, tu as amorti ma chute ! »

 

« Coinnnnnnnn ! »

 

Sur un signe de Shaft, la loli avec la queue de cheval amène un fauteuil à Kiri qui lui fait un grand sourire.

 

« Insecte…. »

 

« Comment vous nommez-vous ? Je viens de réaliser que je ne vous ai toujours pas demandé votre nom »

 

« Moi c’est Kiri et ce canard c’est Cana mais vous pouvez l’appeler Canard, il a l’habitude. »

 

« J’en oubliais la plus élémentaire des politesses,me présenter... Je m’appelle Shaft. J’appartiens à la race des hauts elfes mais je suis pour ainsi dire en exil de mon peuple. C’est une longue histoire mais disons que nos visions du monde n’étaient pas compatibles. Ce culte de la grandeur… Les trois lolis qui m’accompagnent sont des homonculi nées de ma recherche de la loli idéale. Voilà Lilu Alpha sur mes genoux, Lilu Beta avec la hache et enfin Lilu Gamma qui vous a apporté le fauteuil. Je travaille principalement sur les principes alchimiques qui régissent le monde. Bavardons un peu autour d’un thé et nous irons visiter mon laboratoire. Je vous expliquerai un peu plus en détails mes travaux et où vous vous trouvez. »

 

Pendant que Kiri raconte son épopée dans les grandes lignes, Lilu Alpha se lève et lui verse le thé. A la surface du breuvage, elle dessine un neko à l’aide d’une étrange mousse.

 

« Votre thé est délicieux, c’est la première fois que j’apprécie de l’eau dans l’alcool ! »

 

Sur l’invitation de son hôte, Kiri se lève à sa suite. Cana le suit en compagnie des trois lolis. Shaft franchit la porte et arpente le couloir jusqu’à ce qui semble être un cul-de-sac. Il presse un point précis du mur en récitant une incantation. Le mur disparaît et une pièce assez désordonnée apparaît. Des livres éparpillés se disputent la place avec des fioles et autres alambics de toute sorte. Kiri lance un regard curieux sur une pile de livres et parvient à déchiffrer quelques titres : « Les lolis depuis la création du monde », « Encyclololi », « Une loli doit-elle ne pas avoir de boobs ? » A la vue de cette impressionnante collection, Il ne peut s’empêcher de penser que l’elfe est un être digne de confiance.

 

Shaft s’approche d’une carte dessinée sur un vieux parchemin épinglée au mur.

 

« Nous sommes ici dans le forêt de Zendart, un monde sauvage que les hommes évitent de fréquenter. La forêt sert de frontière naturelle entre deux pays : Pina – d’où vous venez – et Floréas. Tous deux sont des royaumes gouvernés par un monarque mais le Roi de Pina n’a plus le contrôle de ses terres dans la réalité. Les nobles font un peu la pluie et le beau temps sur leur territoire et les brigands écument les routes, parfois à la solde de ces mêmes nobles. Floréas au contraire bénéficie d’un roi puissant qui dirige d’une main de fer son royaume depuis son palais de Yune. »

 

« Okay. Bon va aller faire un tour dans ce royaume de Floréas, cela nous fera du bien de changer d’air, pas vrai Canard ? »

 

« Coin ! »

 

« Il vous faudra un guide pour vous extirper des pièges de la forêt. Je vais vous accompagner. Pour dire la vérité, après quelques décennies de recherche, je n’ai pas beaucoup avancé dans la quête de la loli ultime et parcourir le monde pourrait me permettre de découvrir de nouvelles formes de vie. Mais il se fait tard, vous devez être fatigués. Passez la nuit ici. Nous en reparlerons demain après un solide petit déjeuner. Vous aimez le bacon je crois ? »

 

Kiri laisse échapper un bâillement qui fait penser à une baleine s’échouant sur la plage.

 

« En effet, ça ne sera pas de refus Messire Shaft. Owiiiii du bacon ! »

 

« Par ailleurs, autant se tutoyer maintenant qu’on risque de passer un moment ensemble. Tu peux m’appeler Shaft sans titre honorifique, je ne suis qu’un banal chercheur vivant en marge de la société. »

 

Kiri s’exécute avec un naturel déconcertant comme s’ils avaient fait l’armée ensemble depuis de nombreuses années.

 

« Ca marche Shaft. »

 

Shaft guide ses hôtes vers une pièce située un peu plus loin avec des lits à baldaquin. Pendant ce temps, une dispute explose entre les lolis dans le laboratoire.

 

« Qui va dormir auprès de Master ? »

 

« C’est moi bien sûr, vous avez vu comment Onii-chan me regarde avec des yeux de braise ! »

 

« Huuuuuu, ne m’oubliez pas ! »

 

Les trois lolis entament d’un commun accord une partie de pierre-papier-ciseaux endiablée. Loli Gamma finit par l’emporter. Un léger sourire se dessine à la commissure de ses lèvres.

 

Un frisson parcourt l’échine de Shaft.

 

« Atchoummm ! Bizarre, un haut elfe n’est pas affecté par le froid pourtant… »

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Alors, que dire d'autre à part : c'est génial, c'est drôle et plein de vie?!

 

En tout cas, la narration est irréprochable. En effet, la lecture est aisée et l'ennui est proscrit. Les personnages sont bien introduits et les dialogues ont du sens ^^

 

la première chose qui m'a traversé l'esprit après la lecture de ce chapitre, c'est : Kiri au paradis des lolis XDDDD

 

Quoique, on pourrait en faire un chapitre spécial..."Kiri au paradis des lolis"...

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Toujours aussi drôle et toujours aussi prenant ^^

 

N'aurais tu pas été un élève doué en rédactions Shaftou ?

 

Sinon on sens l'inspiration de FMA (homonculi résultats d’expériences alchimiques) et avec Rori Mercury de Gate (la loli a la hache géante).

 

Mais c'est bien, c'est propre, tu as beaucoup de mérite :)

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Merci pour les encouragements ! :)

 

N'aurais tu pas été un élève doué en rédactions Shaftou ?

Dans une certaine mesure, jusqu'au collège. Au lycée, j'avais une prof qui ne m'aimait pas en seconde et ensuite j'avais des notes moyennes, même au bac de français.

 

 

Sinon on sens l'inspiration de FMA (homonculi résultats d’expériences alchimiques) et avec Rori Mercury de Gate (la loli a la hache géante).

Non pas FMA mais Fate, Lilu est directement inspirée d'Illyasviel. Rory si l'on veut mais j'ai toujours voulu faire un personnage du genre tout en contraste, pas nécessairement en gothic lolita.

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« Onii-chan, tu es vraiment osé aujourd’hui, me prendre à bras-le-corps de cette façon... Tu veux à ce point qu’on fasse des bébés ensemble devant les invités ? »

 

Sinon je ne te savais pas comme ca Shaft :mef:

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Il ne faut pas confondre les fantasmes de Lilu avec les miens. :drop:

 

Effectivement, avec une telle réputation, il va falloir que je lui taille un rôle sur mesure à Dim. :mef: Mais il arrivera plus tard dans l'histoire, sûrement avec Otakun.

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Il ne faut pas confondre les fantasmes de Lilu avec les miens. :drop:

 

Effectivement, avec une telle réputation, il va falloir que je lui taille un rôle sur mesure à Dim. :mef: Mais il arrivera plus tard dans l'histoire, sûrement avec Otakun.

 

XDD

 

On parle de moi? :sosweet:

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Voilà le chapitre 4 que j'ai écrit de mon sang lors de ma séquestration chez Sand. Non cela n'a pas du tout influencé le sens de l'histoire *toussss toussss*

 

Voilà vos 5 min de lecture, enjoy. N'hésitez à relever des fautes, j'ai la flemme de me relire trop sur un long chapitre.

 

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Chapitre 4 : Rebelle

 

Le vent porte un léger soupir. Allongée sur une pelouse entretenue avec soin, une jeune fille de la cour contemple l'immensité du ciel étoilé. Elle est étendue sur le sol, les bras en croix. La rosée du soir perle sur sa douce peau au teint de porcelaine. Sa belle chevelure blonde se répand tel un soleil en longues boucles d’or rebelles. Elle porte une robe de bal violine décorée de papillons tissés de fils d’argents. Le diadème qui orne son front vient trahir la noblesse de son sang. C’est une fine pièce d’orfèvrerie faite d’argent et de pierres incrustées née du savoir-faire des maîtres-artisans les plus habiles du royaume. Mais pour elle ce n’est qu’un lourd fardeau inconfortable qui entrave sa liberté de mouvement.

 

On entend au loin les bruits de la fête somptueuse qui a été donnée pour fêter les fiançailles de la princesse héritière de Floréas avec le prince de Monalcol. Les valses s’enchaînent entre filles de bonne famille et potentiels prétendants. L’alcool coule à flots chez les aristocrates qui profitent de la fête. Des maids avec des oreilles de chat sont à leurs petits soins pour réaliser le moindre de leurs désirs.

 

Mais cette jeune fille dans le jardin ne semble pas partager l’euphorie générale. Même le rhum au piment qu’elle siphonnait avec amour en cachette quelques jours plus tôt avait perdu de son attrait. Elle devait faire bonne figure pour faire plaisir à son père et aux pairs du royaume. Mais ce sourire factice du bal qu’elle devait arborer devant cette noble assemblée d’oisifs lui pesait du lourd poids du devoir. Pourquoi devait-elle suivre la mascarade des salutations, des danses imposées par les conventions ? Elle en venait à envier les roturiers qui ne savaient pas de quoi leur lendemain était fait. Au moins eux avait la liberté de choisir le joug qui les opprimait. Dans une cage dorée, la seule consolation est d’admirer le jour ce ciel bleu qui s’étend à l’infini et de rêver la nuit à des mondes exotiques peuplés de créatures fascinantes.

 

Car oui, Sandy Séraphine H. Floréas, princesse héritière du trône, ne rêvait pas du beau prince sur son cheval blanc. Privée dès la naissance de sa mère morte en la mettant au monde, elle avait grandie entre les bottes de fer des gardes royaux et les jupons des maids. Elles lui racontaient au moment de dormir des contes de fée où le héros terrassait le dragon grâce à ses prouesses guerrières et à la puissance de sa magie. Dans ces moments-là, les yeux bleu azur de la jeune princesse brillaient de l’éclat de l’excitation. Pourquoi une princesse devait apprendre la cérémonie du thé plutôt que l’art de la guerre ? Pourquoi la manucure et non le maniement de l’épée ? Elle avait tout fait pour convaincre son père de lui faire suivre un entraînement militaire, incluant l’apprentissage des armes et de la magie. De guerre lasse, il avait fini par céder, à condition que Sandy continue de poursuivre avec diligence ses leçons de maintien, de politique et d’art.

 

Il avait assigné une maidknight - Syel - en tant que maître d’armes et de magie pour sa fille. Floréas possédait bien une garde royale mais leur véritable élite était constituée par les trois héros et les maids. En apparence, elles faisaient office de domestiques mais elles constituaient la fine fleur de la force armée du royaume. Les maids étaient les yeux et les oreilles de la couronne. Le roi avait profité de l’engouement des nobles pour les filles de la race neko.

 

Par le passé, son armée était venue à la rescousse d’un groupe de jeunes filles nekos qui avaient été importées clandestinement à l’intérieur du pays depuis Pinas afin de satisfaire les fantasmes d’un noble corrompu haut placé. La législation en vigueur dans le royaume prohibait l’esclavage d’êtres vivants. Dès que le roi avait eu vent de l’affaire, l’aristocrate fut envoyé en prison et ses biens saisis. Ensuite lui était venue l’idée de faire de ces filles nekos des agents œuvrant dans l’ombre pour le bien du royaume. Elles avaient subi un entrainement intensif en secret sous la tutelle d’un des trois héros du royaume, une figure énigmatique que le peuple surnommait « l’ombre ». Personne n’avait vu son vrai visage à l’exception du roi qu’il servait. Il leur avait appris à se battre et à utiliser la magie.

 

Les nekos possédaient naturellement des prédispositions pour le combat. Leur instinct sauvage les avertissait du danger et leur agilité en faisait un adversaire délicat à manœuvrer. Les plus douées d’entre elles étaient capables de manipuler les éléments. Celles-ci possédaient le rang de maidknight et servaient directement la famille royale. Syel était l’une d’entre elles. Chevalière émérite, elle avait une profonde admiration pour le roi qui lui avait offert un avenir autrement plus réjouissant que la cave sombre d'un Duc. Elle possédait un profond sens du devoir et voulait s’acquitter de la dette d’honneur qu’elle ressentait envers la famille royale. Ainsi elle avait accepté avec plaisir de s’occuper de la jeune Sandy. Elle ne se doutait pas du calvaire que cela allait être en voyant cette petite poupée blonde qui se cachait derrière la cape en hermine du roi.

 

Celle-ci faisait la moue et se cachait dans les recoins du palais dès qu’on voulait lui faire faire autre chose que guerroyer. La princesse était devenue célèbre dans le palais par ses sorties remarqués ligotée comme un saucisson et portée par une maid sur son épaule. Le peuple avait commencé à la surnommer « la peste blonde ». Elle piquait des colères noires quand sa patience était à bout et se roulait à même le sol en hurlant :

 

« Ze veux aller tuer un dragon !!!! »

 

Inlassablement, Syel lui répondait :

 

« Ojou-sama, les dragons sont des êtres vivants intelligents purs et nobles, ils existent pour protéger l’équilibre de la nature. »

 

Puis Sandy faisait une moue contrariée mais adorable et s’arrêtait de parler.

 

Sur le terrain d’entraînement, la princesse devenait une autre personne, calme et concentrée sur sa tâche. Dès l’âge de 12 ans, elle brisait avec fracas les mannequins d’entraînement avec un mouvement fluide de sa lame. Elle avait hérité des dons du fondateur de la lignée royale Markus Auguste H. Floréas qui selon la légende populaire avait baigné dans le sang d’une hydre à neuf têtes après un dur combat qui avait duré deux jours et deux nuits. Elle possédait ainsi la force colossale de son ancêtre et une affinité avec le feu qui faisait écho à son tempérament de braise.

 

Pour fêter ses quatorze ans, le roi lui avait offert une lourde épée magique du nom de « Danse écarlate » qui appartenait à son glorieux ancêtre. Elle avait la forme d’un long cimeterre avec un morceau de lame surmontant le manche perpendiculairement à la lame. Danse écarlate était fait d’un bloc sombre d’adamantium, un précieux métal qui a la réputation de supporter le souffle d’un dragon. La solidité se faisait au détriment du tranchant, ce qui rendait l’épée plus proche d’une arme contondante. Mais elle permettait d’exploiter la force surhumaine de la princesse au maximum. L’arme était enchantée, ce qui permettait à Sandy de la transporter sans effort sous la forme d’un bracelet de pierres rouges à son bras droit.

 

Syel lui enseignait également les rudiments de la magie du feu, la seule magie dont Sandy était capable. La tâche se révélait d’autant plus complexe que Sand avait des problèmes à mémoriser les incantations. Elle comprenait la nature des sorts de feu et était capable d’en tirer une puissance surprenante. En revanche, son contrôle laissait à désirer d’où son second surnom : « la princesse pyromane ».

 

Pour ses seize ans, Sandy Séraphine H. Floréas avait été fiancée au prince de Monalcol, un pays petit par la taille mais grand par son influence. Monalcol se situait au sud-est de Floréas. Le pays était bordé par la chaîne du Grondur au nord-est et donnait sur la Mer Chaleureuse au sud. Monalcol profitait de sa position centrale sur une route commerciale très fréquentée entre le Saint Empire de Bellum et le reste du continent. Les commerçants prospéraient et avaient formé un gouvernement élu par le peuple. Les taxes y étaient très faibles et de nombreux magnats du monde des affaires y coulaient des jours prospères. La sécurité était assurée par une organisation de mercenaires qui avait pignon sur rue : les Cygnes de fer. Par ailleurs, Monalcol exploitait des mines dans les montagnes et ne manquait pas de matières premières.

 

La capitale Cartier était un grand port situé à l’embouchure du fleuve Jubil qui traversait le continent en diagonale. De nombreux navires marchands remontaient le courant pour approvisionner en marchandises variées les pays au nord et à l’ouest dont Floréas. La famille royale avait abdiqué sous la pression des marchands mais conservait la propriété de nombreuses mines et un siège sur les sept que comptait le Conseil. L’ancien roi avait laissé la direction des affaires à son fils, et c’était lui le fiancé de la princesse Sandy qui représentait l’ancienne famille régnante au sein du Conseil.

 

Sandy ne l’avait jamais vu, il n’avait même pas daigné se déplacer pour l’événement. Il était soi-disant occupé par des affaires en interne et avait dépêché un convoi de cadeaux somptueux témoignant de l’affluence de Monalcol. Son père avait négocié les fiançailles en gage de bonne entente entre les deux pays. Il espérait sûrement canaliser sa fougue par la bride du mariage à terme et sécuriser la prospérité de Floréas par la même occasion. La princesse était devenue un outil diplomatique, elle n’avait pas le choix, cela faisait partie des responsabilités des princesses de sang royal.

 

« Mais je voulais tuer des dragons !!! »

 

Sandy se mord la lèvre avec rage. Alors que son sang commence à bouillir, une silhouette familière avec des oreilles et une queue de chat se rapproche d’elle.

 

« Ojou-sama, sa majesté vous demande. Vous allez attraper froid avec la fraîcheur de la nuit. »

Avec un léger grognement, Sandy se relève avec une grâce féline et commence à peigner ses cheveux vite fait pour se rendre présentable. Syel la mène non à la salle de bal mais devant le trône où son père est assis entouré de la garde royale et de Slain, un des trois héros du royaume. Le roi est un homme dans la fleur de l’âge au regard vif et intelligent, habillé avec soin mais sans ostentation. Sous son règne, ses sujets ont connu une période de paix et une amélioration notable de leurs conditions de vie.

 

« Mes félicitations pour tes fiançailles ma fille. Le prince a été très généreux pour toi. Il t’a envoyé des étoffes saintes en soie de Bellum et des pierres précieuses de son pays. Il y en a pour une fortune ! »

 

« Père ! Comment osez-vous me vendre comme une vache laitière de luxe à un riche marchand du voisinage ? »

 

« C’est pour ton bien ma fille et celui du royaume ! Tu as eu une enfance heureuse loin des troubles du pouvoir, tu as pu t’amuser au combat. Maintenant tu dois faire honneur à ton rang et à agir en adulte maintenant que tu as atteint l’âge de raison. »

 

Le héros Slain acquiesce de la tête, partageant l’avis de son souverain. Sandy voyant que toute argumentation serait vaine décide de quitter la pièce sans cérémonie, emplie d’une rage intérieure. Syel tente de la retenir mais relâche la manche de la robe sur un geste du souverain.

 

Elle monte les escaliers aussi vite que sa robe lui permet et se précipite vers le seul sanctuaire qu’il lui reste : sa chambre. Une fois arrivée à l'étage, les pieds meurtris par cette course en talons hauts, elle reprend son souffle. Une ombre passe devant elle à toute vitesse. Elle se frotte les yeux et ne voit personne à l’étage sauf une maid qui nettoie le couloir. Elle hausse les épaules et se dit qu’elle a rêvé. Elle déverrouille la porte de sa chambre et se jette sur le lit. Elle commence à mordre l’oreiller pour évacuer sa frustration.

 

Une légère secousse fait trembler la bibliothèque de la chambre, un vieux grimoire tombe libérant un parchemin. Surprise, Sandy abandonne l’oreiller et se penche vers la couverture du livre. Il s’agit d’un vieux grimoire sur l’histoire de la famille royale qu’elle a déjà lu plusieurs fois. Elle prend le parchemin et l’examine d’un air perplexe. C’est un plan des passages secrets du palais. L’un d’entre eux part de la cheminée de sa chambre.

 

« C’est décidé, je quitte ces lieux. Plutôt que de mourir de vieillesse dans un lit à baldaquins, je préfère encore mourir en tuant un dragon ! »

 

La princesse enlève sa robe et enfile un short gris clair et d’un haut moulant de la même couleur recouvrant sa poitrine. Elle abandonne sans regret ses talons pour une robuste paire de bottes en cuir. Elle complète sa tenue en roulant autour de son cou une large écharpe rouge sang qui se rapproche d’une cape et en enfilant des gants pour mieux dissimuler le bracelet Danse écarlate. D’un geste vif de son poignard, Sandy coupe l’or de ses cheveux. Une longue mèche blonde tombe sur le sol. Enfin elle se débarrasse de ses bijoux les plus voyants et prend une bourse remplie de pièces d’argents.

 

Satisfaite de ses préparatifs, elle se dirige vers la cheminée et appuie de toutes ses forces sur la pierre mentionnée dans le plan. Un pan de mur coulisse et découvre un passage qui semble mener vers les souterrains du château. Sans l’ombre d’une hésitation, elle s’y engouffre et referme le passage derrière elle.

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Il semblerait qu'il y ait plus impressionnant que moi dans cette histoire :hum:

 

Moins drôle que d'habitude, mais on en sait beaucoup plus sur le contexte. Good job :verygood:

 

 

 

Slain, Slaine...y a un rapprochement, les deux personnages semblent aussi inutiles l'un que l'autre !

 

 

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