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Moxyze

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À propos de Moxyze

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  • Date de naissance 06/09/1999

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  1. Alors... Moi du coup c'est tout proche, parce que je suis encore jeune comparé a vous autres. Mes parents m'avaient disputés parce que j'avais passé trop de temps sur ma DS, a jouer a pokémon emeraude (tiens, un rayquaza comme image? On sent l'influence des 600h de jeu sur émeraude ;D). Enfin bon, c'était en 2007 ca, et donc pour les embeter (j'étais vraiment un *** quand meme...), une fois l'heure du repas arrivé, j'ai vidé mon bol de soupe sur le sol... Du parquet... Ah! Ca soulage la conscience de savoir que d'autres connaissent mon dark side ;)
  2. Excusez-moi d'avoir mis tant de temps pour répondre. Alors... Premièrement, sans grand rapport avec tout ce qui a été dit dernièrement, j'ai réfléchi à mon orientation. Résultat : ce que je veux faire dans la vie, c'est voyager. Au japon en premier lieu (j'y vais un mois et demi en juin ! Dans un lycée japonais en plus ^^) et aux USA ensuite, meme si ca va etre moins excitant :P Enfin bon, avec ce désir, j'ai réfléchi et tant pis si j'ai un métier qui me plait pas. Secondairement, tout ca pour dire que j'ai pensé que je ferais un métier dans l'informatique, parce que c'est le domaine actuel dans lequel on peut trouver un métier très facilement. J'envisageais donc un DUT (parce que j'en ai ras le bol de l'école) en informatique(parce que même si ca m'est égal de faire qqch qui me plait pas, autant faire un truc que je ne HAIRAIS pas toute ma vie... En écrivant ces mots, j'ai vraiment pas l'impression d'être en train de choisir mon orientation professionnelle de toute une vie... C'est normal ce sentiment ?) Si des gens veulent encore poster des choses sur ce topic, faites faites. Je suis certain que d'autres seront intéressés !
  3. Moxyze

    Kei Nagase

    Irasshai ! (Bienvenue pour les incultes) Un top 10 de tes jeux vidéos et ta console de prédilection ? Passe du bon temps sur ce forum !
  4. t'inquiète pas, en fait ce sujet c'est une invitation a raconter sa vie. C'est passionnant de pouvoir lire tout ça, merci pour ton partage ! Content de voir que tu t'en es sorti malgré un événement triste/perturbant ! Continue à apprécier la vie comme ça, on dit que c'est le chemin vers la plénitude ! :sosweet: Juste, je me demande un peu... Vous annoncez que vous passez comme ça d'un cycle d'étude/un job à un autre... Mais c'était quoi le processus entre les deux ? Genre tu passe du gravier à poser des alarmes... How ? Enfin sinon merci tout le monde pour votre temps ! Plus de réponses tirs bienvenues : J'ai jusqu'a fin février pour remplir ma fiche d'Applications Post-Bac
  5. Wow ! F.. Fantastique ! tant de réponses ! Merci beaucoup OA ! Toute nouvelle réponse reste accueillie avec joie !
  6. Waaahh. Sugoi desu yo ! Une réponse super utile merci beaucoup ! Donc en fait tu fais a présent qqch qui n'a absolument aucun lien avec ton bac ou tes désirs de base. C'etait super intéressant merci ! Comme quoi, ou la vie nous mène ! J'acceuille bien sur a bras ouverts toute autre réponse constructive.
  7. Toi tu aimes Liuu xD Et sinon tu fais quoi dans la vie du coup ? (possib que je t'ai déjà demande dans la SB mais je me souviens des réponses, et pas des personnes qui les ont prononcées ^^')
  8. Woaaa... J'ai fait tellement de fautes d'orthographe! Sumimasen pour tout ça!
  9. Alors, entre otakus, j'aimerai juste savoir quels métiers vous faites, parce que si on a les mêmes centres d'intérêts, ya de grande chances que voir votre travail m'attire d'autant pour le faire. Voila voila, merci de m'aider dans mon orientation future ! :d
  10. Vu que j'aime ca, dans le prolongement, j'ai commencé à en écrire. Donc voila ce que j'ai écrit jusqu'à mtn... Essayez d'avoir le courage de tout lire et de me donner votre avis, mais je pense pas que vous aurez trop la foi... ca fait long. Les mots d'une légende Tome 1 : L’enchantement du Magicien Prologue Nerdenia, une terre découverte récemment au beau milieu de l'océan Fray, était déjà bien peuplée par des colons des autres continents connus : l'archipel aux mille îles, Laek, criait publiquement sa fierté d'avoir découvert ce pays, et forçait presque son peuple à partir pour s'octroyer rapudement la plus grande part de ces terres. Nerus, la terre du centre, n'avait adopté aucune politique vis-à-vis de la colonisation. Étaient donc partis ceux qui le voulaient. Les terres arides de Na'Skar avaient envoyé ses pionniers pour évaluer la présence de minerais intéressants propices à des échanges. Le Largos, grande contrée peu explorée mais entièrement habitée et située a l'ouest de la mer de Genh, avait encouragé les départs pour augmenter ses connaissances des autres forces politiques et de leurs moyens. La terre nordique, froide et inhospitalière, du Feir - qu'on croyait encore, il y a peu, inhabitée - ne tenait aucune relation diplomatique avec qui que ce soit. De ce fait, aucune des autres puissances politiques ne savait vraiment ce qui se passait là-bas excepté certains hommes particulièrement bien informés. D'après la plupart des gens vivant dans ces cinq continents, Nerdenia étaient une terre dangereuse, déjà refuge de bandits et de monstres de toute sorte, ce qui limitait les désirs de colonisation. Cependant, ceux qui y partaient ne se plaignaient pas, et espéraient bien changer de vie. Ils y parvenaient d'ailleurs la plupart du temps. *** Hyrïas était la première des villes à avoir été construite dans Nerdenia. Les colons s'étaient alors progressivement établis dans la région de Hyrïas, car la ville était à l'époque le seul endroit habité. La ville avait ainsi grandie progressivement, jusqu'à ce que la population en fasse la capitale du pays. À l'origine, lors de l'installation des premiers colons, seuls les plus courageux osaient partir pour s'installer en dehors du confort de la ville. Ils patientaient parfois pendant des mois à des points de rendez-vous bien définis, et attendaient que des groupes se forment pour partir. En général, les groupes en question étaient formés d'une dizaine de caravanes, elles mêmes occupées par environ 8 personnes chacune. Il va sans dire que ces pionniers savaient se battre, car les voyages dans les contrées inexplorées de Nerdenia n'étaient pas sans risque. *** Dans la ville qui deviendrait la capitale, il n'y avait pas encore grand monde. Le plus haut bâtiments était une taverne de deux étages. C'était justement dans celle-ci que le voyageur se reposait. Son voyage avait été rude et épuisant. Après deux mois de bateau sur un trois-mâts qui l'exploitait comme un esclave, il avait encore dû voyager pendant un mois avec son chariot pour atteindre l'avant-poste d'Hyrïas. Il venait de passer trois mois sans domicile. Sa maison était loin, sur une petite île de l'archipel Laek, où tout le monde le prenait, à tort, pour un escroc. Kryt était le nom de ce voyageur qui, dans la force de sa jeunesse, avait entrepris de quitter son île en monnayant sa traversée avec force travaux manuels. Le père du pionnier avait lui aussi jadis été un voyageur, comme ce que Kryt était à présent. Certains auraient dit qu'il avait ça dans le sang, mais pour Kryt, ce départ était forcé par l'aversion de ses voisins envers lui. Kryt se reposait. Il attendait depuis à présent deux semaines dans cette auberge qui sentait encore fort le chêne utilisé pour la fabrication toute récente du parquet. Cette odeur ne déplaisait pas à Kryt, elle l'aidait à se concentrer, à affûter ses sens dans la pénombre de sa chambre austère. Le parquet, encadré par des murs de pierre brute, soutenait comme seuls ameublements un lit sommaire quoique propre qui trônait au centre de la piece, et une vasque emplie d'eau froide et claire qui reposait à gauche du pied de lit et avait prouvé son utilité pour une toilette rapide le matin même. Malgré les cheveux couleur sable qui lui recouvraient les oreilles, Kryt pouvait entendre le pépiement des oiseaux au dehors de l'auberge. Il pouvait entendre les cris des colons qui organisaient la fabrication d'une maison pour un couple. Kryt entendait également les voix des autres clients de l'étage inférieur, et même si l'épaisseur du parquet l'empêchait de distinguer le sens de ces paroles, il était content d'être finalement arrivé. Kryt se reposait. Durant les premiers jours de son arrêt à Hyrïas, quelques semaines auparavant, Kryt avait fait connaissance avec d'autres pionniers de la ville. On lui demanda un jour s'il voulait s'installer ici, à Hyrïas. À cette question, il répondit que ce n'était pas son objectif. Il avait l'âme d'un explorateur et voulait aller plus loin dans le pays. On l'informa alors qu'une quarantaine de colons avait formé une auberge, la « Larme d'un Dragon » qui servait de point de rendez-vous pour les gens qui cherchaient à s'aventurer plus loin dans Nerdenia. Lorsqu'il l'eut sut, Kryt se dirigea dans la direction indiquée. La « Larme d'un Dragon » était une auberge flambant neuve. Quand il y entra, toutes les conversations se turent et les regards se tournèrent vers lui. Le tenancier, un homme chauve très musclé de deux mètres de haut, sortit une énorme hache a l'aspect menaçant de son comptoir, et se mis ostensiblement a l'aiguiser. Kryt toussa bruyamment et regarda les clients de la taverne. Si certains avaient l'air d'être plus faibles et moins bien constitués que d'autres, ils n'en étaient pas gênés. Kryt fit un sourire appréciateur devant tant de disparités et se tourna vers l'aubergiste en lui adressant un signe de tête. « Hé bien patron ! Je ne suis pas un bandit ! Mets moi une bière bien moussante ! ». L'air resta figé pendant une seconde, puis le tenancier rangea son arme, se mit a sourire, puis à rire avec entrain. « Bien sûr voyageur ! Les amis, quelle sorte d'hôtes sommes nous pour accueillir un client si froidement ! » et ses rires reprirent. Ceux-ci firent rapidement le tour de la salle et bientôt, tous les clients semblaient vouloir inviter Kryt à s'asseoir parmi eux. Les questions fusaient : -Qui es-tu? -T'es nouveau dans le coin ! On t'a jamais vu a Hyrïas. -Tu viens pour manger, ou pour faire partie de la caravane ? -Stop ! cria l'aubergiste en mettant fin aux discussions endiablées qui avaient à présent lieux dans la « Larme ». Laissons un peu de calme a notre invité. Pardonne mes camarades, voyageur, mais cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu un nouveau client ici. -Ce n'est rien. C'est même compréhensible. répondit Kryt en souriant. « On me nomme Kryt, je viens de l'archipel aux milles îles, mais vous avez dû vous en douter. » En effet, les cheveux couleur sable associés aux traits secs du visage de Kryt étaient typiques de l'archipel Laek. -Ah ! répondit un homme au teint halé et au visage couturé de cicatrices de guerre. Un Laekien ! On en avait pas encore vu beaucoup ici ! -Tu rigoles Neri? reprit un autre homme. Celui-ci avait de longs cheveux blonds qui entouraient un visage calme. On est quasiment les premiers ici ! Il y a plus de personne civilisées dans cette auberge que dans tout le pays ! Bien sûr qu'il n'y a pas encore eu beaucoup de Laekiens ! -Bon, bon. Les amis. déclara le tavernier. Calmons nous. Kryt, tu vas t'installer a Hyrïas ? -Non, ce n'était pas mon plan. répondit l'intéressé. Je suis venu dans cette auberge pour partir avec vous en dehors de la ville. J'ai un chariot contenant une quantité raisonnable de vivres. -Très bien. reprit l'aubergiste. Mara, on est combien maintenant ? Tu pense qu'on peut y aller ? La dénommée Mara était une fine rousse habillée discrètement en des vêtements sombres. Elle sortit une feuille de sa tunique et la déplia. Elle annonça : « Il nous manquerait encore deux ou trois personnes, pour l'instant nous sommes quarante-sept. » -Entendu. répondit l'aubergiste. « Kryt, je m'appelle Deku. On partira dans quelques semaines quand tout le monde sera là. » -Quarante-sept ? reprit, interloqué, Kryt Nous sommes a peine trente dans cette salle ! -Bien sûr. l'interrompit le dénommé Neri, l'homme aux cicatrices. « Les autres sont en train de chasser, d'explorer les environs ou encore de fabriquer des maisons avec les colons de cette ville. » - Je vois, reprit Kryt. Qu'est-ce que je peux faire pour attendre le départ ? - Et bien, annonça Mara avec un sourire en coin, si tu veux patienter, tu peux toujours te battre avec moi ! Sans que Kryt sache pourquoi, toute la salle se mit a rire et la gêne l'envahit. Il ne comprenait pas ces rires. Il sortit de la salle commune où retentit la déception des colons. « Ils veulent un duel ? Qu'ils n'espèrent pas en obtenir un, ces voleurs ». En effet, dans l'archipel Laek, les duels comportaient un risque: quand on en faisait un, on pariait son arme. Les rangs sociaux dépendaient, pour les hommes, de l'arme qu'ils possédaient. L'arme de Kryt était la source de la mauvaise réputation qu'il avait sur son île : son arme était magnifique et il ne l'avait pas gagnée en duel, ce qui provoquait le désir jaloux de beaucoup des membres de l'île. L'arme en question était une arme naine que son père avait ramené d’un de ses voyages au Largos. Les nains étaient des forgerons extrêmement doués, et cette lame en était l’exemple: bien que vendue par un forgeron ambulant, elle était de bien meilleure qualité que la grande partie des armes humaines. L’arme en question était une hache a double tranchant, mais ce qui la rendait spéciale, en plus de son acier trempé d'une qualité exemplaire, était le pommeau. Le père de Kryt avait payé une petite fortune pour que le nain incruste des runes dans l'arme, celle-ci semblait etre environnée d'une aura violette éthérée et des runes de puissance illuminaient le double tranchant de la lame d'une lueur rouge sombre. Kryt n'était absolument pas prêt à parier cette arme qui était, en quelque sorte, son unique héritage. Il quitta l'auberge. Kryt partit chercher son chariot qu’il avait laissé sur la place du village, sous la bonne garde des autres colons. Quand il arriva, la journée touchait a sa fin. Il grimpa dans sa carriole et la ramena a l'auberge. Une fois là-bas, il alla la mettre dans l'arrière cour, avec les autres. Il cacha sa hache, enveloppée d'une couverture, dans un compartiment discret de son chariot puis partit dans l'auberge. La soirée se déroula normalement, et personne n'évoqua les railleries de l'après-midi. *** Pendant la soirée bien arrosée, Kryt en apprit plus sur les différents membres de la future caravane en étant attablé avec un des premiers colons arrivés qui, du coup, connaissait tout le monde: c'était un ancien pirate de l'océan de Genh qui voulait changer de vie. Les pirates étaient des légendes vivantes car seuls les plus dignes d'entre ces derniers avaient accès aux armes à feu, qui étaient stockés sur une île connue par peu d'entre eux. Ces armes leurs donnaient un net avantage durant des pillages mais la magie permettait aux marchands de s'en protéger: c'est pourquoi toutes les cargaisons importantes étaient protégées par au moins trois mages capables de défendre la cargaison contre ce type d'attaque. Le bandana du pirate, qui couvrait une trace de corde sur son cou, et ses cheveux couleur sable brûlés par le soleil et blanchis par le sel marin exposaient ses longues années d'expérience. Son nom était Jin, originaire de l'archipel, lui aussi. Ils passèrent donc la soirée accoudés à une même table à parler tout d'abord de leur vie a l'archipel, puis la conversation dévia naturellement sur les autres colons. Neri, l'homme aux cicatrices, était un ancien mercenaire qui avait exercé comme soldat pendant la guerre de Tris, une contrée de Nerus où étaient soudainement apparus des hordes de monstres qui avaient sévis pendant dix mois avant que l’armée arrive à prendre le contrôle de la - à présent bien connue par les guerriers - « salle du portail » d'où les monstres apparaissaient mystérieusement. Ses cheveux coupés ras et ses yeux bleus glacés exprimaient son attitude militaire, mais c'était un homme comme les autres, qui aimait rire, boire avec ses amis, et qui avait peur de mourir. Ils reprirent une bière. Mara était auparavant une talentueuse voleuse, résidente de Rine, la capitale de Nerus, qui avait étudiée la magie pendant sa jeunesse. Mais elle voulait a présent prendre un nouveau départ et était donc partie de Nerus. Ses connaissances en magie étaient d'après elle, maigre, mais ses talents aux combats hérités de son ancienne profession étaient, eux, bien certain. Elle avait battu en duel singulier presque tout les hommes de la salle, mais n'était pas invincible, et son enfance lui avait laissée beaucoup de souvenirs lourds a porter. Elle avait été enlevée a ses parents et utilisée comme esclave dans un bordel pendant dix ans avant d'être vendue a un maître magicien - d'où ses connaissances magiques - qui, pour ses dix-neuf ans, avait eu pitié d'elle et l'avait libérée de sa condition d'esclave. Elle s'était ensuite mise à voler pour se venger de sa vie misérable. Une nouvelle bière apparut miraculeusement entre les mains des deux camarades. Deku, l'aubergiste géant mais souriant, était un ancien Na'Skarien. Il venait de loin pour être ici, mais il affirmait ne plus vouloir vivre dans son pays. « La taxe était trop grande là-bas » répétait-il à tout ceux qui souhaitaient l'entendre. Il venait ici, non pas pour continuer son ancier métier, mais pour devenir aventurier et trouver la richesse. La raison pour laquelle il n'était pas parti seul était simple : il souhaitait avoir un village qui lui servirait de point d'attache, mais étant donné l'état inexploré du pays, il allait aider à en fonder un. -Tu veux savoir quelque chose d'autre Kryt? Demanda Jin en remplissant encore une fois leurs chopes. -Non, ça ira. répondit-il en attaquant son breuvage. De toute manière, je suis bien trop ivre pour me souvenir de ce que tu m'apprendras ! (Note yael : repetition ''arrosee'')Après une longue soirée bien arrosée par le liquide ambré brassé par le patron, Kryt et son nouveau compagnon étaient complètement éméchés. Mais les deux gaillards finirent par réussir à se mettre debout et allèrent s'effondrer sur leurs couches respectives. Kryt sombra immédiatement dans un sommeil de plomb. *** Ainsi Kryt attendait, deux semaines plus tard, à l'étage, que les derniers pionniers rejoignent leur groupe. Bien sûr, il ne connaissait pas tout le monde. Mais ça ne le dérangeait pas. Il les connaîtrai bien assez tôt: un voyage de plusieurs semaines mettait très souvent les gens en contact, que vous connaissiez les personnes en question ou non. *** C'était l'heure du départ. Jin était dans le chariot de Kryt. Typiquement pirate, il dormait malgré la hauteur du soleil dans le ciel. Deku, tacitement autoproclamé chef du convoi, se tourna vers mes autres chariots et cria : « Allez tout le monde ! On est parti ! » Des vivats et des sifflements retentirent dans l'air de l'après-midi ensoleillé. Le convoi se mit en route. Il y avait dans leur groupe un total de sept chariots tous occupés par sept personnes. La charrette de Jin et Kryt était occupée par nos deux amis ainsi que par trois femmes et deux enfants appartenant à l'une d'elle. Les noms des enfants étaient Kris et Maya. Les femmes, quant à elle, se nommaient Lyse - pour la mère -, Arianne, et Nyfte. Si Lyse étiat à Hyrïas depuis longtemps, les deux autres femmes venaient d'arriver. Jin et Kryt se renseignèrent sur leur compte: c'était deux Laekiennes expatriées par le gouvernement dans le contexte de l'appropriation territoriale de Nerdenia. Elles étaient auparavant marchandes de perles; leurs tâches se séparaient en deux parties. L'une d'elles les cherchaient dans la baie de leur île et l'autre charmait les couples de touristes, ou, plus rarement, de résidents, pour les faire acheter les produits marins fraîchement trouvés. Le fond de la carriole était rempli de vivres: des fruits séchés et des féculents qui serviraient a nourrir une partie du groupe pendant quelques temps. Le voyage était mouvementé. Pendant les quatre premiers jours, le convoi suivit les marques laissés par la caravane fondatrice du troisième village. Passé ce temps, les marques s'orientaient vers l'Ouest, mais les voyageurs comptaient continuer à voyager plein Sud. Le passage devint tout de suite beaucoup plus laborieux: la caravane précédente avait laissé un sol tassé par les passages et les chemins marécageux étaient facilement praticables, mais quand le convoi actuel quitta ses traces, il fallut mettre tous ses efforts pour progresser. Lorsque le groupe rencontrait une rivière, tout le monde descendait des chariots et les empêchaient(Wut?) aidait à fabriquer une sorte de gué rudimentaire pour empêcher les chariots -et les chevaux- d'être emportés par le courant. Ces moments de labeur duraient parfois toute la journée et permettaient aux enfants de se vider de l'énergie accumulée pendant le trajet monotone. Lorsque les chemins boisés étaient trop denses, il fallait envoyer des hommes couper les branches dérangeantes et les porter hors du chemin. Lorsque la journée était pluvieuse, c'était plus compliqué : certains chariots n'avaient pas de bâches et contenait des vivres ou des outils. Les colons devaient donc déplacer beaucoup d'objet ou de nourriture d'une charrette a une autre. Ils auraient bien sûr pu laisser lesdits objets dans les chariots bâchés, mais d'autres chariots devenaient de ce fait inutiles et des chevaux se fatiguaient pour rien à tirer des charrettes deux fois trop lourdes quand d'autres étaient vides. *** Le groupe qui nous intéresse faisait face à un climat très humide depuis deux semaines quand ils se firent attaquer. La nuit allait tomber. Le ciel rougeoyait encore tel un feu de cheminée mourant et le soleil finissait sa course. L'attaque des créatures tombait mal pour les colons: la moitié d'entre eux étaient fiévreux et avaient besoin de repos. Le bivouac venait d'être établi et la pluie résonnant dans les flaques et sur les bâches des chariots était le seul bruit de la clairière. Une(des? Précisez forme au moins quatre pattes /humanoïde) créature verte et noir aux traits indistincts sortit de la forêt boueuse les entourant.(entourer solo ? Wow elle est forte) Autour de cette créatures, de petits monstres en forme de sphère marchaient en faisant des acrobaties. Les masques en bois que ces petites choses portaient rebondissaient contre leur face et laissaient apercevoir des yeux brillants d'une flamme bleutée. Ils faisaient des petits bruits en sautillant et on pouvait entendre leurs petits cris aigus dans la clairière. Les grandes créatures(lequelles?), quand à elles, n’avaient pas d’yeux visibles et étaient entièrement conçues de racines noueuses et tortueuse a. Une des deux grosses créatures frappa le sol avec un bras qui aurait pu servir a fabriquer une porte de bois massif, et deux racines torsadées de couleur sombre s'animèrent juste sous la surface du sol et parcoururent la distance les séparant d'une charrette qui se renversa à l'impact. Les deux hommes se trouvant a l'intérieur se relevèrent et regardèrent la clairière. Malgré la pénombre omniprésente, les flammes bleues des yeux des petits monstres brillaient. « Nous sommes attaqués ! » cria un des deux hommes. Le camp se mit en mouvement, mais trop lentement. Les personnes valides sortirent avec un air ensommeillé de leurs chariots et se préparent au combat avec des mouvements engourdis par le début de leur repos. La créature frappa à nouveau le sol, qui explosa dans une éruption de racines qui entourèrent puis détruisirent un des chariots avec les résidents qu'il contenait. Un hurlement de douleur retentit et les fruits du chariot glissèrent a terre accompagnée d'un filet de sang, preuve macabre de l’état actuel des humains qui dormaient quelques instants auparavant dedans. Deku fut soudain debout au centre de la clairière, sur sa charrette. Il cria. « Réveillez-vous nom de Dieu ! Nous sommes attaqués ! » et il sortit sa hache de son chariot derrière lui et hurla des instructions aux pionniers maintenant complètement éveillés de leur léthargie ensommeillée. « Les enfants derrière les chariots du fond, les archers à leurs côtés ! » L’attaque s’organisa finalement et les guerriers présents dans le groupe sortirent leurs armes. Jin se redressa et pointa silencieusement son fusil sur la créature. Il l’aligna proprement avec une balle. La tête du monstre bascula en arrière sous le choc du projectile, mais elle se redressa presque aussi sec, comme si aucune blessure ne lui avait été infligée. Ce mouvement marqua le renouveau de l’attaque des colons qui, en criant, se jetèrent sur la créature. Kryt voulait se battre, il voulait éprouver la lame runique enchantée de son arme sur un vrai monstre. Quand il s'entraînait à l'archipel sur les mannequins, son arme tranchait facilement à travers les différentes matières qui les constituaient, de la paille jusqu'au bois. Depuis que son père avait ramené cette arme chez lui, Kryt en avait pris le plus grand soin mais il n'avait jamais essayé de déterminer la limite de la puissance des doubles tranchants meurtriers de la hache. Malheureusement pour lui, il se trouvait en dernière ligne: contrairement à Jin, il n'était pas prêt a agir dès que des cris retentissaient, et son sommeil était pesant. Son réveil tardif associé à sa préparation lente l'avait place dans la ligne du fond, et ce, malgré son arme toute désignée pour le combat rapproché. Kryt se précipita vers son chariot et passa la tête en dessous des essieux. Il ouvrit une discrète cachette qui se dissimulait vers l'interieur, vers la base du chariot. Le compartiment secret, conçu dans le même matériau que le chariot, contenait un coffret fait d'un alliage de bois clair et d'acier. Le Laekien se saisit du coffret et débloqua le loquet pour sortir l'objet qu'il contenait, la hache naine. Dans son dos, le combat semblait toucher à sa fin. Kryt se saisit de son arme et commença à écarter les personnes qui, trop couardes pour combattre, s'interposaient entre lui et la bataille. Pendant ce temps, Deku, muni de son immense hache de bataille frappa un coup de taille, qui traversa facilement l'épaule de la créature. Cependant la hache s'arrêta net quand elle parvint au niveau où devait se trouver le cœur. Une racine émergea de la plaie béante et entreprit de remplir la faille nouvellement formée en emprisonnant la hache de Deku. Ce dernier secoua son arme de toutes ses forces pour essayer de la retirer, mais cette dernière était belle et bien coincée. En poussant un juron, Deku recula et se mit hors de portée du combat. Je la récupérerai à la fin du combat. Pensa-t-il. Il prolongea sa pensée avec un cri : « Allez les gars ! Finissez-moi cette chose ! Elle est affaiblie ! » Du moins, il l'espérait, autrement, la créature aurait été quasi immortelle. Sur le flanc, Mara assaillait sans relâche le monstre avec ses dagues, mais ces armes n'étaient, malheureusement pour elle, pas adaptées pour affronter un adversaire non-humain. Elle planta une de ses dagues dans la tête de la créature mais celle-ci ne semblait avoir rien senti. Elle tourna sa tête dans la direction de Mara et un membre noueux émergea de son corps pour attaquer Mara. Le bras dense balaya l'emplacement où se trouvait Mara et entra en contact avec la tête de cette dernière. Au moment où le bras toucha le crâne de Mara, celui-ci explosa en une kyrielle de particules en même temps que le reste de son corps. La bataille sembla cesser pendant une dizaine de secondes qui, aux yeux des combattants avaient l'air de minutes. C'est comme se trouver dans l'œil du cyclone. Quelle tension écrasante. Eut le temps de penser Jin. L'intéressé tourna la tête à gauche, puis à droite, pour apercevoir Mara une dizaine de mètres derrière le monstre restant. Elle semblait avoir disparue du champ de bataille pour apparaitre dans le champ mort du monstre. Elle lança trois dagues d'affilée en direction du monstre. Chance ou talent? Nul ne le saurait jamais, mais l'une d'entre elle délogea la hache de Deku, qui tomba au sol. Ce ne fut pas ce dernier qui se précipita pour la récupérer, mais un autre guerrier, qui recula lestement avec. Pendant ce temps, le monstre, étonné, regarda son buste et les trois dagues qui y étaient plantées. Il se retourna vers l'envoyeuse et planta son bras dans le sol. Une vague de racines se précipitèrent vers cette dernière, qui sauta rapidement dans une tentative désespérée pour éviter l'attaque, trop rapide. Elle n'avait aucune chance : les racines sortirent du sol dans une éruption de terre et d'herbe. Elles projetèrent Mara contre un arbre, a l'orée du bois, trente mètres plus loin. La tempête du combat reprit, mais un nouveau participant décisif y avait pris part. Kryt. Ce dernier prit les devants et entreprit de franchir les derniers obstacles entre lui et le combat. Une fois parvenu à celui-ci, sa hache fit preuve d'une efficacité redoutable. Écartant d'un coup d'epurale un homme du front, Kryt asséna un coup de taille. Le coup vertical que Kryt plaça sur le monstre le découpa proprement en deux moitiés nettes et fendit le sol dans le prolongement du coup comme si la lame elle-même avait été plantée dans l'herbe. Les divers combattants de la ligne de front qui assistèrent à cette attaque dévastatrice cessèrent le combat immédiatement et se tournèrent, médusés, vers Kryt. Ce dernier rangea avec gêne son arme dans l'étui prévu à cet effet, et l'emballat avec la couverture sombre - qu'il utilisait depuis son voyage en bateau comme sécurité supplémentaire pour dissimuler la hache runique -. Il se détourna de la dépouille et s'écarta le plus discrètement possible des lieux du combat sous les yeux ébahis des colons. et se trouvait à présent de l’autre coté de la bête Le soir du combat, tout le monde s'était réuni autour d'un massif feu organisé au centre des six chariots restants. L'histoire de la fin du combat circulait déjà dans le cercle des colons et les anciens ménestrels qui faisaient parti du groupe -ils étaient six- s'arrangeaient déjà pour en faire une chanson épique digne de ce nom. Deku et Jin, assis de part et d'autre de Kryt, posaient question sur question au héros du soir. -Tu dis que cette hache est ton héritage? Demanda Deku. -Oui. C'est mon père qui me l'a offerte. Répondit Kryt. Elle n'est pas à vendre. Cru-t-il bon de préciser. -Tu m'avais caché que t'étais magicien dis moi ! Enchaîna Jin. -Je ne le suis pas ! Reprit un Kryt exaspéré. Dieu ! Pourquoi est-ce que j'ai utilisé cette fichue arme ! Ils ne vont plus me laisser un seul moment de répit a présent ! pensa-t-il. -Explique nous donc comment tu as réussi à tuer si facilement le corps de la créature que même Deku le Massif n'a pas tranché ! répondit le pirate. - Deku le Massif ? reprit l'intéressé en dévisageant Jin. Ce dernier s'esclaffa en regardant Deku. À son tour, Kryt se mit à rire, puis Deku les rejoignit et les trois camarades s'esclaffèrent de bon cœur. Après ce rire, Deku se leva avec sa chope de bière - le liquide avait été entreposé dans une des charrettes - et demanda le silence. « Les amis ! Ce soir, nous avons affronté une créature que beaucoup d'entre nous n'auraient jamais imaginé. Ce soir nous avons perdu sept de nos compagnons, mais nous avons vengé leur mort ! Si nous avons vaincu ce soir, c'est bien sûr grâce à la force de notre groupe, mais aussi grâce à deux personnes à qui je porte ce toast. À Mara et Kryt ! » Dit-il avec force. Le toast fut repris par les pionniers. « À Mara et Kryt ! » Résonna dans la clairière. De timides applaudissements se firent entendre, puis ils furent repris jusqu'à ce qu'ils emplissent le bivouac. Les discussions qui avaient lieu avant le discours de Deku reprirent, plus vives qu'auparavant, nourries par l'alcool. Le Massif s'éclipsa sous le couvert de celles-ci et s'éloigna du feu en marchant rapidement. Intrigués, Jin et Kryt se levèrent et le suivirent. Deku se dirigeait vers l'orée du bois, où dix personnes s'affairaient sur le corps immobile de Mara. Depuis le combat, elle n'avait pas bougée et était encore prostrée contre un des bouleaux qui constituait la frontière entre la percée et la forêt. Les dix personnes s'affairant sur elle étaient des médecins : malgré leur faible potentiel magique, leurs connaissances de l'anatomie leur permettait de réparer les organes internes et les parties endommagées du corps des blessés. Deku les apostropha : « Alors ? Comment va-t-elle ? » Jin et Kryt se rapprochaient de la scène lorsqu'ils entendirent le verdict incertain des médecins : « Elle est mal en point. Une aura sombre perturbe notre flux magique, c'est difficile de sonder la blessure en profondeur. » -D'où provient cette aura que vous évoquez ? -C'est difficile à déterminer, mais elle semble émaner de la blessure elle-même. C'est possible que l'attaque en soit à l'origine. -En effet, ça semble être l'option la plus plausible : je ne pense pas qu'un sorcier ait pu intervenir sur son corps pour infecter la blessure dans un laps de temps aussi court. Un des médecins qui était, il y a une seconde, agenouillé auprès du corps de Mara recouvrit la profonde entaille qui ouvrait son flanc avec un sort. Il déclama dans un souffle : « Glore Vyden. » et une bulle d'un vert printanier apparut autour de la plaie. Le médecin se tourna vers Deku, Kryt et Jin et annonça : -Elle survivra, son cas n’est pas désespéré. Son coeur semble stable et sa blessure, bien qu’elle reste douloureuse, ne la tuera pas. S’il faut s’inquiéter pour elle, ça serait uniquement vis-à-vis de la magie noire à l’oeuvre sur la blessure. Le sort de protection que j’ai lancé devrait préserver la plaie de toute infection. -Saleté de créature ! cracha Jin. Elle pouvait la blesser, mais la magie obscure comme poison, c’est vraiment trop ! Il se tourna vers la dépouille de la créature et donna un coup de pied dans une motte de terre boueuse en la projetant sur le cadavre. « D’ailleurs, quelqu’un avait déjà vu un monstre comme celui-ci auparavant ? » -Non, absolument pas. Je n’aurais jamais cru que de telles choses existaient. reprit Deku. Je pense que nous sommes parmi les premiers à voir de telles créatures. Il fut coupé par Neri, le vétéran de l’invasion de Tris qui déclara en se rapprochant : « Vous vous trompez. Des monstres comme celui-ci avaient déjà été vus lors la guerre de Tris. Les soldats les ont surnommés les Fléaux, car leur capacité de régénération énorme et leurs attaques dévastatrices faisaient des ravages parmi les hommes. Nous devions les combattre à dix contre un pour avoir une chance de les vaincre. » -Ces choses existent encore ? Elles n'ont pas toutes été tuées pendant la guerre ? demanda Kryt. -Et bien... Je pensais en effet que tous les Fléaux avaient été annihilés vers la fin du conflit, mais il semblerait que je me sois trompé. Je pense que vous venez de voir un des derniers de ces monstres. Ou en tout cas je l'espère. pensa-t-il. -Hm. Je vois. dit Kryt. « Mais de tout manière, même si cette créature était l'une des dernière au monde, je ne m'estime pas heureux d'en avoir vu une. D'ailleurs, j'aurais tout à fait pu vivre sans, ça ne m'aurait pas dérangé plus que ça. » -C'est sûr ! confirma Jin. Enfin bon, j'vais vous laisser. Y'aura bientôt plus de bière à boire. Il les laissa et partit s'amuser autour du gigantesque feu de joie. Kryt s'apprêtait à l'imiter quand il se mit soudain à pleuvoir. La pluie qui survint n'était pas dans le style des petites bruines légères qui font autant de bien que de mal, non. Cette pluie était torrentielle. La nuit nuageuse avait dissimulée les prémices de l'averse et tout le monde finit la soirée trempée. Mara fut placée sans une des charrette contenant des médecins pour qu'ils puissent continuer à lui fournir des soins réguliers. Les membres de la caravane allèrent tous se coucher, douchés - littéralement - dans leur enthousiasme. Le lendemain, au moment du départ, il pleuvait encore. Ainsi que le jour qui suivit. Le jour suivant, ce ne fut plus de la pluie, mais un brouillard si épais qu'on aurait pu le découper à l'épée qui obscurcit la journée de la caravane. Durant la fin de la semaine, le temps s'ameliora de nouveau, mais pas le moral des pionniers, qui craignaient le retour de la pluie et du mauvais temps. Les jours qui suivirent marquèrent la fin d'une longue et pénible inquiétude. Après les soins continus des médecins de Mara pendant une semaine et trois jours, cette dernière survivrait. La magie maléfique que le Fléau avait causé dans la blessure s'était estompée. Et sans cette interférence, les mages purent soigner la blessée sans problèmes. Cette guérison remit une grande partie de la caravane de bonne humeur et c'est ainsi qu'ils reprirent leur chemin. Le voyage continua sans beaucoup de problèmes pendant encore une semaine et demie, puis le convoi s'arrêta au sommet d'une colline. Au sud de celle-ci, une montagne se dressait au loin. À l'Ouest, le soleil crépusculaire se reflétait majestueusement sur le plus grand lac que Kryt n'ait jamais vu. Ce dernier semblait s'étendait à perte de vue, mais l'eau était douce. Au Nord, de là où ils venaient, rien. Des collines pendant quatre jours de voyage. À l'Est, une forêt dense se dressait à environ deux kilomètres de leur emplacement. Deku pointa la direction de la montagne du doigt et annonça : « Je propose que nous installions notre village au pied de cette montagne, nous disposerons ainsi d'un stock inépuisable de ressources, entre la forêt pour le bois, la montagne pour la pierre, et le lac avec la pêche pour l'approvisionnement. Qu'est-ce que vous en pensez ? » -Je pense que nous avons tout abandonné pour ça, alors dépéchons-nous ! déclara une voix du groupe. -Génial ! se réjouit une autre voix. Enfin arrivés ! -C'est pas trop tôt ! renforça la petite voix d'une médecin. -Hourra ! cria une voix bourrue, celle de Gralo, un ancien forgeron et marchand d’armes. Le vivat fur reprit au fur et à mesure par tout les colons qui se mirent ensuite à s'applaudir les uns les autres. Le Soleil rougeoyant qui se reflétait sur le lac construisait une atmosphère propice aux effusions. Tout débuta avec une bière que Jin - quand l'avait-il prise ? - leva en l'air en criant : « À notre future installation ! » Le toast fut repris par la plus grande partie des colons qui partirent dans la réserve de bière se servir. Il restait encore quatre pleins tonneaux d'alcool et le groupe semblait bien décidé à les finir avant de parvenir à destination. Les chopes circulèrent à travers le groupe. La fête se prolongea jusque tard dans la nuit. Vers minuit, la fête se termina après que les colons se soient couchés ou se soient endormis à même le sol sous les effets de l'alcool. La lune de ce début de printemps se reflétait sur le lac et illuminait la colline et les corps effondrés sur le sol. Si un des fêtard avait monté la garde, il l'aurait vue sans problème malgré la nuit couverte. La silhouette qui approchait du nord était environnée d'une pâle lumière d'un blanc laiteux, cette dernière soulignait le contour d'une cape de voyage. Le voyageur continuait son approche, marchant d'un pas rapide en direction du lac. Lorsqu'il arriva près de celui-ci, une petite créature volante d'un rouge aussi vif que le foyer ardent d'un volcan surgit de derrière son épaule. Un habitant des grandes villes aurait pu, à partir de ce moment, dire ce qu'était le voyageur : l'oiseau qui voletait rapidement autour de la silhouette était ce qu'on appelle un Suraachi. Les Suraachi sont des créatures magiques possédées par des Magus de haut rang : ils sont créés sous forme d'œuf par invocation et se nourrissent de la magie de leur propriétaire pour grandir. Leur taille et l'intensité de la lumière qu'ils émettent reflètent d'une part la force et d'autre part le contrôle de la magie de leur invocateur. Un observateur averti aurait donc pu déduire assez simplement la nature magicienne du voyageur, mais celui-ci était assez intelligent pour voyager de nuit pour éviter d'être vu. La silhouette, enfin arrivée aux berges du lac, releva sa capuche. Si la silhouette n'avait pas déjà été remarquée par le halo blanc qui l'environnait, ses traits auraient fini d'attirer l'attention. C'était une femme. Et, plus que la beauté de son visage, l'attention d'un spectateur se serait focalisée sur la souple crinière d'un blanc argenté qui s'était libérée de la capuche de la voyageuse. Ils lui descendaient jusqu'aux épaules et se reposaient sur ces dernières dans un flot désordonné quoi qu'attirant. Les cheveux argents, couplés avec les grands yeux verts émeraude de la femme, la rendait - à son plus grand dam - facilement repérable. Après coup et en admirant les traits nobles et doux de la jeune femme, la question inévitable se serait imposée à l'observateur : mais que faisait une jeune mage - talentueuse d'après l'éclat de son Suraachi -, si belle de surcroît, seule en Nerdenia ? *** La réponse était complexe. Aruna était le nom de cette femme qui avait fui son pays malgré la position confortable qu'elle y avait. Aruna était une mage de la lumière. Cette magie, bien que n'étant pas réputée pour ses dons offensifs quasi-nuls, n'était utile que pour peu de choses et connue pour une seule capacité : la faculté de ses magiciens à invoquer des Sphères Miroirs. Ces sphères - dont le vrai nom utilisé dans l'incantation est en fait Gayan Mirae - permettent à une personne visée de renvoyer tout les sorts lui étant destiné avec pour seule condition de ne pas pouvoir en lancer. Ce sort fait des mages de lumière d'excellents moyens de protection anti-magie pour les non-magiciens qui ne peuvent lancer de sorts, les riches marchands par exemple. Aruna n'avait cependant pas fuie son pays à cause de sa magie, mais à cause de sa lignée : cette dernière, une lignée riche quoique peu connue remontant en vingt-sept générations jusqu'à l'Accord des Quartes Continents, liguait de génération en génération à la deuxième fille de la famille un don de double-vue qui provoquait sporadiquement des visions du passé, du présent et du futur. Ce don, bien que gênant pour ladite fille, restait vivable. Et jusqu’ici, toutes les secondes filles de la famille avaient pu vivre normalement sans que ce don leur rende une vie trop compliquée. Non, le problème, pour Aruna, était beaucoup plus grave que ça : la capacité de double-vue et la magie de lumière combinée à la perception exceptionnelle du flux magique - l'Ony - qu'Aruna avait, la rendait capable de ce que beaucoup qualifieraient d'un miracle. Aruna pouvait, contre son gré, lire les pensées des personnes passant trop près d'elle, et avoir un très bref aperçu de leur futur. Il va sans dire que ce talent, en ville, rendait la vie impossible : pendant la journée, bien des gens réfléchissaient à des pensées néfastes qui embrouillait celles d’Aruna ; la nuit, c’était bien pire ! Pendant l’activité nocturne de Rine, nombreuses étaient les personnes en pleine activité lubrique, et les actions, les fantasmes de toutes ces personnes dans les maisons proches étaient transmises à Aruna, qui avait énormément de peine à s’endormir, et à le rester pour garder un niveau de sommeil convenable. Et, bien qu'elle ait déjà essayée multiples méthodes pour s'en débarrasser, comme par exemple invoquer trois Suraachi à la fois pour qu'ils la vident de sa magie - ce qui, à part la faire frôler la mort, n'avait rien fait - ou encore s'entourer d'une Sphère Miroir pour que les pensées ne l'atteignent pas - un échec, encore une fois -, tout était vain. Elle avait donc eu recours à une solution extrême : elle s'était exilée hors de sa ville et était partie sur les routes de Nerus en voyageant, moyennant de quoi vivre grâce à des guérisons - un talent inné chez elle - qu'elle exécutait pour des sommes légères. Si seulement une autre péripétie ne s'était pas, une fois de plus, imposée à elle, Aruna, en vivant ainsi, et malgré de nombreux voyages, aurait pu vivre une vie tranquille. Si seulement. Le hasard, ou plutôt, la malchance, voulut qu'elle rencontra aux bordures de la capitale un émissaire royal : le Chambellan. Ce dernier, à l'époque messager royal, travaillait au moment des faits. Aruna, de passage dans la maison d'un baron de campagne, soignait sa fille d'une maladie quelconque pour gagner son pain. Par malheur, au moment où le q pénétra dans la chambre en compagnie d'un domestique, Aruna fut prise d'une vision : le baron, sa femme, leur fille et les quatre domestiques mourraient dans l'incendie du manoir qui aurait lieu deux jours plus tard. Inconsciente de la présence du serviteur royal dans son dos, elle annonça le destin de la famille au baron, et à sa fille. Encore assommée par la transe qui caractérisait ses visions, elle profita de ce court moment d'hébétude pour se reposer l'esprit : ces transes étaient le seul moment de répit pour son esprit, autrement accablé par les pensées dérangeantes de ses congénères. Le messager, incrédule devant ce don qu'il interpréta immédiatement comme de la double-vue devant la confiance de la famille envers cette prédiction, se laissa tomber sur un fauteuil proche. Son esprit travaillait à toute vitesse tandis qu'une domestique apportait un verre d'eau à la mage. Il tint le raisonnement suivant : s'il réussissait à attirer Aruna au château et à la faire prédire l'avenir de son seigneur, il accéderait sûrement à un rôle plus glorifiant. En proposant à Aruna un travail rémunéré d'une somme attirante, il la fit venir au château. Franche et naïve à l'époque, cette dernière ne tarda pas à expliquer ses différents dons au roi. Ce dernier imagina rapidement toutes les possibilités qu'il pouvait retirer de la capacité d'Aruna à lire dans les esprits. Il la traita en invité d'honneur pendant son premier mois de résidence dans le château, mais quand elle chercha à partir, il la retint prisonnière dans une chambre qui, bien que fastueuse, ressemblait fort à une prison. Il la força à lire dans les pensées de ses conseillers et dans celles de ses invités de marque, ce qui lui permit de mener des affaires entièrement à son avantage avec les autres pays. Ces échanges fructueux augmentaient la puissance du roi par rapport aux autres. Ce fut ce pouvoir qui le rendit assez arrogant pour s'autoproclamer - sans le consentement des autres nations bien sûr - « Empereur des trois Royaumes ». Grâce à l'aide de deux domestiques, elle était parvenue à s'échapper de Rine. Elle avait apprise dans les campagnes environnantes durant sa fuite que la ville, et le pays, se transformaient progressivement en dictature et, bien que la tyrannie soit un grand mot, tout le monde la murmurait et la redoutait déjà. Elle s'était, après un mois de voyage passé dans la discrétion la plus absolue, faufilée clandestinement dans un bateau en partance. Elle s'était ainsi retrouvée en Nerdenia, tout ça à cause de son soi-disant don. *** Aruna s’assit sur le rivage, légèrement surélevé vis-à-vis du gigantesque lac par un rocher. Le caillou plat formait pour la voyageuse une source de repos bien pratique, car, comme tout le monde le sait, il est bien plus confortable de s’asseoir lorsque les hanches sont situées au-dessus des genoux. Enfin, c’est ce qu’aurait dit et pensé n’importe quel voyageur fourbu par un long voyage. Aruna ne faisait pas partie de la norme des voyageurs… Elle se releva et regarda le rocher avec les sourcils froncés, un air désapprobateur au fond des yeux. Elle marmonna quelques paroles inintelligibles et une sphère de lumière apparut à la droite de la tête d’Aruna. La sphère se mit à tournoyer lentement autour de la tête de la mage puis se posa sur le fauteuil improvisé, la sphère pénétra le roc immuable et celui-ci trembla. Il sembla se creuser en son centre tandis qu’une lumière blanche l’illuminait brièvement. Avec un sourire en coin, Aruna se rassit au centre du rocher et poussa un soupir d’aise. Sans s’en apercevoir, au fil de ses pensées sur son ancienne vie au château de ses parents avant de se mettre à voyager, elle s’assoupit. Le temps passa, et avec lui la nuit, pesante et silencieuse. Le cri d'un corbeau résonna dans les nuages sombres qui couvraient à présent l'astre lunaire, mais aucun autre bruit ne pouvait être distingué dans silence nocturne. Les poissons du lac émergeaient de temps et autres, et une créature aquatique fit même surface pour dévorer une mouette qui s'était posée sur la surface tranquille de l'eau, provoquant l’éveil soudain d’Aruna et l’apparition immédiate de son Suraachi. Elle dormait d’un sommeil léger, habitude de la période de sa fuite de Rine, durant laquelle les gardes la cherchait activement. Elle se rendormit rapidement, épuisée par la longue marche vers l’isolement qu’elle menait depuis longtemps. Plusieurs heures plus tard, alors que le soleil n’allait plus tarder à éclaircir le ciel, Aruna se réveilla en sursaut, le front couvert de sueur et haletante. Son Suraachi, extrêmement alarmé, apparût dans une énorme gerbe de flamme d’un rouge ardent. Le ciel sombre de la nuit fut illuminée pendant un court instant et les gouttes de sueur froide qui avaient commencées à couler le long du dos de la mage séchèrent instantanément. Elle se releva du rocher sur lequel elle se reposait, et entreprît de retirer sa cape de voyage. Après s'être déshabillée, elle rentra dans l'eau froide et sombre du lac. Le choc provoqué par le changement de température lui clarifia l'esprit. En s'immergeant lentement dans l'eau, les images de la vision qui l'avait réveillée s'imposèrent de nouveau à son esprit. *** Aruna était dans les nuages. Littéralement. Comme dans la plus grande partie de ses visions, Aruna était un esprit immatériel flottant à sa guise dans l'air. Elle se trouvait loin au dessus d'une gigantesque ville portuaire. D'un coup d'œil, elle embrassa la ville et reconnut des bâtiments typiques : un sanctuaire dédié au dieu de la réussite, Vesp, qui contenait une magnifisue fontaine aux reflets dorés par la magie. Une église avec deux clochers distincts. Une école de magie - que de souvenirs de ses études ! - ainsi qu'un marché, aisément reconnaissable grâce aux tentures de couleur qui couvrait les différents étals. Toutes les rues étaient remplies à craquer de passants qui se poussaient dans des tentatives vouées à l'échec d'aller plus vite. Le tumulte que la foule provoquait, associé à la musique provenant du marché et aux cloches des deux clochers de l'église, était discernable malgré la distance qui séparait Aruna de la ville. La forme qui représentait Aruna - elle aimait s'imaginer comme une petite boule de lumière flottante - se rapprocha de la ville. Elle était au niveau des clochers, à côté de la place du marché lorsqu'un éclat brillant attira son regard vers un coin de la place. Sur un banc, un homme adulte à la chevelure sablée aiguisait une lame à l'aide d'une meule placée entre ses jambes. Juste à droite de l'homme, un vieillard parlait : - Tu sais Ora, rien ne dit que tu trouveras le Grimoire et l'Epée là-bas. Ils pourraient être n'importe où entre ici et les Cornes du Diable, rien ne sert d'aller jusqu'au Ruines de Threel, c'est bien trop loin ! - Je le sais bien ! répondit l'homme assit à sa gauche. Mais aurais-tu une meilleur idée ? - Hé bien. Puisque tu me le demandes, sache que je suis allé à Hyrïas il y à un mois expressément pour ça. Je suis allé questionner les Bibliothécaires.(deja des bibliothecaires sur une si petite île?) - Et ? reprit impatiemment Ora. Que t'ont-ils dit ? - Tu sais. Ce n'est pas le rôle des Chevaliers de servir de chercheurs pour les nobles. Laisse donc ça aux imbéciles pressés de mourir ! dit le vieux en changeant de sujet. - Ton avis m'importe peu Dris ! Que t'ont-ils dit ! C'est tout ce que je veux savoir ! dit Ora en haussant la voix, s'attirant les regards des passants. Dris secoua la tête en baissant les yeux. « Mon fils. Je ne veux pas d'encourager dans cette folie. Ressaisis toi ! » - Dris. reprit Ora d'une voix calme à travers laquelle on sentait l'énervement contenu. - Ils m'ont dit... répondit l'ancêtre dans un souffle. Ils m'ont dit que les Ruines étaient une bonne idée. prévoyant le sentiment qui s'animait dans le corps de l'adulte, il poursuivit rapidement. « Mais ils ont aussi ajouté que, parmi les leurs qui étaient parti là-bas dans la recherche des artéfacts mythiques, aucun n'était revenu. » - Hum. dit Ora d'une voix d'où perçait clairement sa satisfaction. Ils étaient mal préparés. reprit-il en se levant, puis en soulevant son épée et en la faisant tournoyer autour de lui avec un talent hérite de longues années d'entraînement. Sans rien dire de plus, Ora se mêla à la foule dense et disparu. Dans un murmure à peine perceptible par Aruna, Dris dit en secouant doucement la tête: « Ora. Ils étaient cent... » La vision changea alors complètement. Aruna se trouvait au centre d'une petite salle circulaire en pierre, en face d'une porte en bois sombre. À sa droite, un vieux coffre en chêne reposait sur une table basse. À sa gauche, une énorme plante dorée grimpait au mur et atteignait presque le plafond. La plante semblait palpiter et s'animer au rythme des vibrations - perceptible par Aruna - de l'Ony. Derrière Aruna, en face de la porte, un bureau en bois massif et un fauteuil d'apparence confortable étaient placés sous une large fenêtre à travers laquelle on pouvait voir l'extérieur. Alors qu'il faisait auparavant grand jour, c'était à présent un coucher de soleil qui éclairait le ciel d'une teinte rose-orange. À l'extérieur, six mètres plus bas, le sol composé de dalles de marbres reflétait la lumière du soir, faisant de l'endroit un emplacement plus lumineux qu'il ne l'était déjà. Par endroits, des dalles brisées ou manquantes laissaient voir un sol sec et craquelé à l'image des dalles qui le recouvrait. D'énormes traces de pas d'une créature non-humaine étaient clairement visibles sur le marbre grâce à l'empreinte qu'elles laissaient. Des colonnes de marbre étaient visibles à la limite du champ de vision d'Aruna. Elle allait traverser le mur pour avoir une meilleure perception de l'endroit quand elle entendit le claquement sec et répétitif des chaussures sur le sol derrière elle. Un grincement signala l'ouverture de la porte, qui laissa passer une pile de grimoire. Cette dernière était soutenue par un homme d'un certain âge avec une courte barbe argentée qu'on pouvait entrevoir. Le vieil homme posa rapidement la pile de livre sur la table, et, pendant qu'il soufflait, Aruna pût le détailler plus précisément. Sa tunique d'un blanc souillé par des taches d'encres et son pantalon noir court n'apprenaient rien à l'observatrice et elle se demandait qui était ce vieillard lorsqu'un bruit retentit à l'extérieur. Le vieil homme tourna ses yeux gris vers la fenêtre et sa peau jaunâtre et tirée par l'âge sembla se craqueler tandis qu'un début de sourire relevait les coins de ses lèvres gercées. L'homme se précipita à la fenêtre pour voir, au loin, sur les collines, un voyageur. Le vieillard sourit d'un air dangereux, il n'avait plus l'air d'un homme, mais d'un démon, avec ce sourire maléfique. Il s'approcha du coffre et l'ouvrit. Il en sortit un sceptre en onyx surmonté d'une améthyste. Le soleil se coucha. Le vieil homme sortit du donjon de pierre et se précipita dehors. Aruna traversa le mur pour observer la suite. À l'extérieur du donjon, le Sorcier - s'en était un, elle en était sûre - se mit à tracer à l'aide de son bâton d'étranges signes dans le sol. Quelques dizaines de minutes plus tard, il avait fini. Placé au centre d'un cercle de protection, il prononça quelques mots. Une dizaine de Fléau se mit à sortir du sol comme des morts-vivants sortant de leur tombe, puis commença à se diriger vers l'inconnu, qui avait entamé la traversée d'une forêt se dressant entre lui et la tour de pierre. Exténué par l'effort, le Sorcier tomba à genoux puis, quelques minutes après, se releva à l'aide de son bâton avant de se mettre à rire de plus en plus fort, jusqu'à se ce que le rire s'étouffe en une quinte de toux incontrôlable. Les yeux d'Aruna se fermèrent contre son gré, puis se rouvrirent. L'heure avait changée, et le coucher de soleil avait laisser place à un après-midi nuageux et pluvieux. Le sorcier n'était plus dehors, et elle vit quelqu'un rentrer dans le donjon. Un aventurier triomphant ? Ou peut être un voyageur innocent arrivé discrètement... Aruna se mit à s'inquiéter : allait-elle assister à une boucherie perpétrée par le sorcier dans le cadre d'un rituel sorcier ? La forme éthérée de la mage traversa rapidement le mur du donjon pour apercevoir la porte de la petite salle circulaire se fermer. Aruna poursuivit son déplacement et passa à travers la porte. De l'autre côté, une pièce à vivre de taille honorable accueillait deux personnes, assises sur deux sofas mauves placés l'un en face de l'autre. Sur les murs de la salle, des bocaux emplis de divers ingrédients s'alignaient sur des étagères. Le mur de droite était l'exception : sans étagères, il n'était qu'une énorme baie vitrée axée vers l'ouest. Sur les sofas, les deux hommes discutaient. L'un d'eux, le sorcier, était parfaitement à l'aise et s'étendait de tout son long sur son canapé. L'autre homme... Aruna eut un frisson tandis qu'elle le reconnut. Les traits émaciés du visage de l'invité dévoilaient un menton large recouvert d'une longue barbe noire. Les cheveux courts de l'homme, coupés au carré, avaient troublés Aruna, mais une chose lui avait permis de reconnaitre l'homme assis face au sorcier. Bien sûr, les coïncidences sont possibles, mais elle ne connaissait qu'un seul homme balafré comme celui-ci l'était. Trois cicatrices profondes et parallèles s'étiraient sur la joue gauche du personnage, témoignages de l'attaque d'un tigre des plaines du Largos. Le seul homme qu'Aruna connaissait avec de telles marques était Rodet, le dirigeant de Rine. Était-ce possible ! Toutes ses craintes furent confirmées lorsqu'il glissa sa main dans une poche du gilet gris qu'il portait et en sortit une dague avec un manche en pryte - un matériau transparent extrêmement solide qui attirait beaucoup les nobles par son aspect cristallin - qu'il se mit à faire tourner entre ses doigts. Une vieille et répétitive habitude du roi pour se détendre dans les moments de tension. Elle se souvenait bien de cette habitude, et la craignait, depuis le jour où elle avait vu le dirigeant perdre son calme et trancher le doigt de son chambellan. Et aujourd'hui, il était là, de nouveau en face d'elle avec ce même couteau. Cette même balafre. Tandis que ses pensées dérivaient sur les souvenirs morbides de sa vie au château, les deux hommes avaient commencés à discuter. Aruna prit la discussion en route. Le sorcier parlait d'une voix rauque et éraillée : « Et vous souhaitez la retrouver ? Vous êtes un fou. Messire. » ajouta-t-il avec un sourire moqueur. - Qui ! Moi ! Mais à qui penses-tu parler ? Sale... Il se mit soudain à tousser, puis, quelques un instants plus tard, s'agrippa le cou dans un effort vain pour respirer un air inaccessible. Il battit désespérément des bras en direction du sorcier, dont la peau parcheminée s'était étirée en un sourire maléfique. Le visage du malheureux changeait déjà de teinte et les râles faibles qu'il grognait annonçaient la fin de toutes ses douleurs lorsque le sorcier, avec un mouvement dédaigneux de sa main gauche, balaya le sortilège. Pendant que Rodet reprenait péniblement son souffle, l'être démoniaque se mit à murmurer. « Sale quoi ? Je n'ai pas bien entendu. » Ce murmure, dans la salle silencieuse sonnait comme le sifflement reptilien d'un cobra. Le roi se replaça anxieusement au centre de son canapé et une goutte de sueur perla sur son front. « Calmons nous mon ami. Rien ne sert de nous emporter. » déclara-t-il d'une voix où perçait la peur que lui inspirait l'homme. En tournant la tête dans un effort pitoyable pour fuir le regard perçant de son prédateur, il prit compte de l'affreuse réalité de la pièce. Les bocaux sur l'étagère à sa droite étaient emplis d'yeux... Humains ! Et les marques rouges, sur le sol. C'était du sang ! Rodet déglutit péniblement et recentra son regard sur son interlocuteur. Ce dernier eut une éclat de rire en regardant ce soi-disant roi qui s'écrasait devant lui comme un moucheron devant un rapace. Arrêtant son rire sorcier se leva et étendit les bras dans un geste qui englobait la pièce et dit : « Cet endroit... Je l'ai conçu à la sueur de mon front. Chaque preux chevalier (il avait crachés ces mots avec un dégoût presque palpable) venu me défier s'est incliné devant moi, les entrailles à l'air ou la gorge tranchée. J'ai prouvé ma valeur aux dieux, et maintenant, Nistra accompagne mes choix ! ». Rodet eut un frisson qui secoua toute sa carcasse en pensant à la déesse des morts, celle que tous fuyait, celle qui semait la mort à chacun de ses pas. La mère du Mal et du Maudit. Cette sombre forme, représentée dans les peintures religieuses par une silhouette ténébreuse et encapuchonnée, était crainte de tous, même de ses enfants, qui la vénérait avec maintes offrandes sacrificielles. Rodet, tremblant de tout son corps chuchota d’un souffle craintif : “ Que veux-tu dire sorcier ? Prouver sa valeur aux Dieux ? ” Ledit sorcier répondit en lui tendant un gobelet rempli d’une substance jaune pâle : “ Oui. Tu vas boire ça. Et tu comprendras. ” Le roi se leva en faisant mine de prendre le verre. Puis, sans crier gare, il se mit à courir pour sauver sa vie qu’il croyait, à raison en danger. Dans un claquement, la porte de la se referma sur le roi qui se mit à courir dans les escaliers. Le sorcier posa le gobelet en verre sur un meuble avant de se diriger d’un pas calme vers le bureau circulaire dans la pièce adjacente. Une fois dans celui-ci, il ouvrit précautionneusement le coffre posé à gauche de l’entrée. A l'intérieur reposait un grimoire vieux et poussiéreux. Le personnage prit le grimoire en soufflant doucement sur la couverture pour en enlever la poussière du temps. Il sourit en sentant la magie qui émanait du grimoire envahir lentement son corps. Avec un rapide coup d’oeil par la lucarne de son bureau, le sorcier vit Rodet s’échapper à cheval du donjon de pierre. Pénétrant dans un mystérieux cercle couvert de symboles gravés dans le sol, le sorcier ouvrit le grimoire. Celui-ci devait être une oeuvre magique très ancienne car Aruna ne parvenait pas à lire les lettres des mots qui apparaissaient comme des signes démunis de sens à ses yeux. Le vieil home se mit à marmonner des paroles mystiques. Quelques instants plus tard, l’air ambiant se mit à trembler sous l’effet d’une chaleur imperceptible. Une fumée méphitique envahit la pièce et une sombre créature apparaissait face au sorcier. Elle mesurait plus de deux mètres et sa peau miroitait les couleurs chaudes et démoniaques de son ancien environnement. Son visage était orné de deux cornes longues et torsadées, capables d’éventrer un géant sans aucun problème. Sa gueule rouge, intimidante, possédait deux crocs protubérants qui dégoulinaient d’une salive verdâtre et toxique. Le long museau du monstre s’épatait en deux naseaux qui soufflèrent un nuage de vapeur nauséabonde au niveau de la tête du vieillard. Deux yeux reptiliens s’entrouvrirent et observèrent l’invocateur d’un air dangereux. L’air d’un prédateur qui analyse sa proie avant d’attaquer. pensa Aruna. Sans en tenir compte, le sorcier continua ses marmonnements et, pour l’observatrice passive, sa voie parut devenir de plus en plus intelligible jusqu’au moment où elle comprit distinctement les dernières phrases. C’était des formules de contrainte ancestrales que tout les mages ayant pratiqué un tant soit peu les invocations connaissaient. La voix du sorcier semblait crisser sur les mots comme une lame rouillée sur une meule. “ Et ainsi Tu réalisera mes ordres et mes désirs. Si le Contrat tu ne respecte pas, je te bannirai dans les limbes éternelles de l’Entre-Monde. Et tu n’en repartira plus. ” Dans un grognement contrit, le monstre baissa sa tête dans un mouvement qui paraissait forcé. Il ouvrit sa gueule et des filets de bave tombèrent au sol en grésillant. Au plus grand étonnement d’Aruna, qui n’avait, jusqu’ici, traité par invocation qu’avec des esprits inoffensifs utilisés pour des tâches courantes, il parla. Sa voix, telle les flammes inextinguibles des Enfers, grignotait lentement l’esprit du sorcier dans une tentative sournoise pour influencer son esprit. Il grommela d’un ton infernal et caverneux : “ Tu sais… Si tu me libérais, ma puissance n’en serait que plus grande… Et je resterais à ton service. Tu as ma parole ! ” - La parole d’un démon ? Si tu savais à quel point ce genre de fausse méthode ne marchait pas avec moi. Tu ne ferais pas ça. - Faire quoi ? reprit ce dernier, en feignant l’ignorance. - Arrête tout de suite ! hurla le sorcier. Tes tentatives de contrôle mental ne m’affectent pas et elles commencent à m’irriter ! Le démon poussa un hurlement de rage tout en essayant frénétiquement de briser le Contrat qui le liait à l’homme. C’était vain. Le Contrat pouvait soutenir n’importe quelle pression. On disait bien qu’un ancien démon l’avait auparavant brisé, mais tout le monde savait que ce n’était qu’un mythe destiné à effrayer les enfants. Le sorcier reprit posément avec un sourire en coin : “ Tes efforts ne seront pas récompensés. Maintenant, va me chercher l’homme sur la colline, là-bas. Obéis ! ” Le démon tourna la tête dans tout les sens comme une bête folle avant de stopper son regard sur l’esprit d’Aruna. Une voix grummeleuse résonna dans l’esprit de cette dernière tandis que les yeux du monstre scrutaient jusqu’au plus profond de son être. Elle frissonna tandis que la voix murmurait : Toi. Petite humaine. Tu vas m’aider. Ou sinon, je Aruna s’alarma. On pouvait la voir pendant ses visions ? Impossible ! Enfin… ce démon venait de prouver le contraire. Elle invoqua d’une voix paniquée une sphère de protection magique avant de tenter de se réveiller. Le démon murmura d'un ton pressé : Obéis ! C’est un ordre ! Aruna criait lorsqu’elle se réveilla, en nage. *** La généralité des visions provoquées par sa double-vue étaient rarement compréhensibles sur l’instant. Les deux visions qu’elle avait eu cette nuit là étaient à l’image de cette généralité, étranges et apparemment sans lien avec Aruna *** La jeune femme, immergée dans l’eau froide depuis maintenant cinq minutes, était calme. Toute trace de panique l’avait quittée. Ses pensées étaient encore focalisées sur la fin de la seconde vision. Rodet, l’empereur de Nerus, était-il prêt à aller chercher l’aide d’un sorcier pour la retrouver ? Valait elle tant que ça ? Elle secoua la tête dans l’eau sombre du lac. Non. Ce n’était pas possible : les sorciers étaient des êtres dangereux. Même Rodet le savait. Des rumeurs couraient comme quoi les sorciers passaient un pacte avec le Diable lui-même pour obtenir leurs pouvoirs hors du commun - comparé aux mages normaux -. Aruna n’avait, avant cette nuit, jamais observée la magie d’un sorcier, cette dernière, à mi-chemin entre la magie des Invocateurs et celle des Nécromanciens, était bien à la hauteur des ragots qui couraient sur elle. Aruna ne savait même pas qu’elle était perceptible pendant ses visions, mais le démon était quand même une créature infernale… Qui savait jusqu’où allait réellement le pouvoir de ces choses ? Il lui faudrait faire très attention si elle revoyait un de ces monstres. Le sorcier, lui, l’inquiétait moins : quelles étaient les chances qu’elle recroise cet homme ? Nombreuses étaient les visions qu’elle avait eu et qui ne s’étaient pas réalisées. Le soleil, bien qu’il ne soit pas encore visible, commençait déjà à éclaircir les nuages. Avertie par les piaillements de quelques oiseaux matinaux, Aruna termina son bain improvisé et sortit de l’eau. Elle attisa brusquement la magie qu’elle fournissait à son Suraachi qui flamba comme un soleil en chauffant l’air jusqu’à gercer les lèvres d’Aruna. Cette dernière, instantanément sèche, se vêtit de sa cape et de ses vêtements avant de récupérer son bâton. Elle se mit en marche en ayant réactivé sa sphère de protection, qu’elle garderait à partir de maintenant toujours active - une petite mesure de sécurité bien nécessaire, avec tout les dangers de ce pays -. Regardant autour d’elle pour vérifier un oubli éventuel, elle s’aperçut que la flambée de son Suraachi avait brûlé le sol, noirci en un cercle en dessous de l’oiseau. Toujours dans l’objectif de se dissimuler au roi et de semer d’hypothétiques poursuivants, elle murmura rapidement un sort de premier niveau qu’elle avait appris à l’académie : elle fit apparaître un mirage sur le sol noirci pour que ce dernier ait l’air indemne. Le mirage, image tremblotante qui n’était qu’une pâle reproduction de l’herbe, serait suffisant pour tromper quiconque ne ferait pas particulièrement attention. Aruna, après un dernier coup d’oeil sur l’endroit, se mit en marche. Le soleil venait de pointer ses premiers rayons sur la cime des arbres. *** Lorsque le premier membre de la caravane fut réveillé, le soleil était entièrement visible. Profitant de son éveil matinal, il en profita pour aller se débarrasser des restes de l’ivresse résultant de la soirée précédente. Il s’approcha du lac et s’aspergea rapidement le visage, nettoyant quelques signes de fatigue qui l’assaillaient. Il retourna au camp et prit un fruit juteux et acide qui acheva de le réveiller. Il alla chercher son arc dans un chariot tout proche et alla s’entraîner à tirer sur un arbre, à quelque distance du campement *** Deux heures plus tard, tout le monde était réveillé. Suivant peu à peu l’exemple du plus matinal d’entre eux, une partie des colons était partie s’entraîner tandis que l’autre s’était réunie en cercle sur l’herbe, en bavardant tranquillement. Tout le monde se réunit à midi autour d’un buffet chassé par Jin, Kraygo (un bucheron du groupe à qui on venait d’inculquer l’art de la chasse), Deku et quelques autres. Ce fut au repas que ce dernier se leva en déclarant que la fondation du village se ferait à partir de l’après-midi. En vrai j'ai écrit encore plus àpres, mais c'est sous forme de plan détaillé donc à moins de connaître tout mes persos etc, vous comprendriez pas. Tout les commentaires sont les bienvenus et si vous voulez que je poste la suite, dites le moi !
  11. Moxyze

    ~Je me présente~

    Ah ? J'ai pas vu que y'avais un message sur tes parents... Je relis edit: et ne trouve rien... wtf ?
  12. Moxyze

    ~Je me présente~

    Waaahhh, t'as 12 ans ? T'es super jeune ! Sugoi ! Je me suis inscit un jour avant toi, héhé respect aux anciens du forum. ^^ Bienvenue à toi sur OA, passe plein de bon temps ici ;)
  13. Ah bon ? Ben bienvenue alors ! Et t'as quel age toi ?
  14. Je sais que ca parait bizarre comme point de vue ^^. J'imagine bien que moi même je serais étonné de gêner des plus jeunes quand j'aurais vieilli, mais faut aussi comprendre que je connais aucun otaku de 30+ . En fait, je fais une séparation assez nette entre 25 et 30, pcque je suis déjà ami avec des 25/28 mais 30 ca fait vieux quoi ! :d Ta comparaison avec des cinéphiles m'aide un peu a mieux comprendre, et aussi, faut que j'arrete de différencier tellement les 25 et les 30, en fait c'est la meme chose. ;)