Neckow

Les concurrents, ou Comment le monde fut le théâtre d'une course folle

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Petite préface avant d'entamer ce récit:

Ce texte est la suite d'un devoir réalisé en littérature cette année, faisant suite au chapitre sur le conte philosophique.

Le conte philosophique est un genre caractéristique du 18ème siècle, siècle dans lequel les "philosophes" des lumières, proposait au peuple de réfléchir et de construire une critique sur le monde.

Ainsi, le principe était ici de réaliser un conte philosophique qui apporterait une critique et une réflexion sur notre société actuelle.

De nombreuses critiques et références sont donc présentes, et je vous propose pour distraction de tenter de les retrouver, donc si vous en tenez une, n'hésitez pas à l'indiquer en réponse!

Vos avis et critiques sont également importants, et me permettent de progresser.

En outre, sachez que nous avions une contrainte de temps pour pouvoir rendre ce travail, certaines parties sont donc très raccourcies et brèves.
 

Je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture :mo2:

 

 

Les concurrents,

ou

Comment le monde fut le théâtre d'une course folle

 

A l'occasion d'un événement sportif de la plus haute importance, je fus enjoint par le secrétaire de l'organisme du monde réuni, organisation au nom aussi prestigieux qu'utile, à être l'arbitre de la compétition automobile qui opposa Lord Drumb à Sire Um Kung, deux prétendus champions qui vantaient des journées durant leur talent respectif de maître incontesté de la route. Chacun se prétendait plus rapide que l'autre, l'un évoquant que, selon les lois universelles, énoncés par Newton et Einstein, la vitesse des cheveux attifés au vent était inversement proportionnelle à celle de sa course, et que ceux de son adversaire étant magnifiquement dressé, il ne pouvait être que plus prompt à cette victoire. A cela l'autre répliquait admirablement qu'il trouvait ces lois fameuses, mais qu'il les rachèterai bien pour les modifier en sa faveur, en l'échange d'une somme tout à fait raisonnable.


Il avait été convenu que le rallye prendrait pour départ l'actuelle Amérique, la traversant du sud au nord, avant de faire escale en Europe, où les voitures parcourraient les terres d'ouest en est jusqu'à l'Asie. Drumb siégeait à bord d'une luxueuse voiture, dont les formes agressives contrastaient avec l'étrange couleur jaune canard du véhicule. A l'arrière, six pots d'échappement étaient disposés çà et là, laissant échapper un brouillard de fumée complètement noir. On disait que cette voiture était complètement écologique: l'étiquette verte en forme de feuille, placée sur la vitre arrière, pouvait en témoigner.  Cette voiture avait été conçu par des génies allemands. Dans l'autre camp, des ingénieurs coréens avançaient un prototype d'une étrange fusée, jugée nettement plus rapide qu'un simple véhicule utilitaire. On concéda le travail à une entreprise avec laquelle le riche Kung entretenait certaines relations, et bien que le travail intensif vînt à amoindrir la qualité de la production de l'objet, elle fut bien présente sur la ligne de départ du Venezuela, suite à l'invitation de Madru, président particulièrement accueillant et ouvert à l'avis de son peuple, le jour même du début de la compétition. Je fus étonné de voir que le véhicule avait été nommé "Japan Sea", que je pris avec émotion comme un hommage à ma nation.


Les moteurs rugissaient au signal du départ, les bolides démarrèrent au quart de tour, accélèrent, pour laisser bientôt place à deux ombres lointaines à l'horizon. Durant des kilomètres, il fut difficile durant les premiers miles à départager les deux candidats, chacun luttant comme un lion, afin de conserver la tête de la course qu’ils se disputaient tour à tour. On disait que Lord Drumb avait une réputation d’homme sage et généreux, réputation que j’eus l’occasion de contempler, lorsque sous mes yeux, alors qu’il avait quelques miles d’avance sur son adversaire, s’arrêta à la frontière mexicaine, avec la fervente ambition d’aider des ouvriers a l’élévation d’un mur. Je trouvai cette action particulièrement extraordinaire, qui, je le reconnais, me porta une certaine préférence et estime pour cet homme la. Um en profita pour prendre une légère avance de quelques milliers de miles , mais lorsqu’il arriva en vue des c^tes de l’Arctique, il ne put traverser la fameuse route dont l’itinéraire parlait. On réprimanda le copilote qui jura pourtant avoir vérifié le passage la veille, ce qui ne fit que plus mettre en colère les organisateurs de la course quant à son manque d’honnêteté. Enfin, on accorda aux deux hommes le déplacement en bateau vers l’Europe, ainsi que la conservation de l'avance de Um. A l'arrivée au Portugal, la course reprit bien assez tôt, au niveau du port de Lisbonne. La sensation d'un long voyage difficile passé en cabine se dégageait des esprits, qui avaient alors poussé ardemment le désir des deux hommes à en découdre. Au signal, ils écrasèrent tous deux la pédale de l'accélérateur, avec autant de conviction qu'ils souhaitaient en faire avec leur adversaire, embrayant à la chaîne l'ensemble des vitesses en seulement quelques secondes. La puissance des deux véhicules étaient telle qu'elle ravagea la ville de Lisbonne toute entière, avec une telle ampleur que les civils prirent au simple son des voitures pour un tremblement de terre.
Nous traversâmes l'Europe, passant d'Espagne en France, de France en Allemagne, d'Allemagne en Autriche, d'Autriche en Italie, et partout où nous passions, je fus surpris du nombre impensable de bases américaines présents sur les territoires européens, dont nombreuses d’elles étaient sous la direction d'un certain général du nom de Mac Landod.


Au passage du moyen-orient, aux abords du territoire syrien, nous croisâmes des hommes d'une pilosité remarquable, armés d'armes barbares, si bien que je trouvai le mot singe comme bon pour décrire ces curieux personnages. Un de mes collègues vint a leur rencontre. Il nous rapporta que suite a l’ampleur médiatique qu’avait pris ce duel, ces hommes de guerre avaient perdu de leur importance et qu il ne leur restait plus qu’a prendre leur retraite. J’eus une pensée solidaire envers ces hommes qui venaient de perdre leur travail. De longues heures plus tard, nous arrivions dans les derniers kilomètres de notre course, pénétrant sur le territoire chinois. Au loin, nous nous amusâmes de la vue d'un étrange muret que nous trouvâmes ridicule et inutile, d'au plus un mètre cinquante de haut, lequel s'étendait à perte de vue au milieu de la nature. Un certain monsieur nous fit remarquer que nous étions à de nombreux kilomètres de la frontière, mais on ne l'écouta guère. Enfin, on arriva en vue de la Corée du nord, destination finale des deux concurrents. Drumb n'avait pu rattraper son retard, si ce n'est qu'il se contenta de conserver la distance qui les séparaient. Déjà Kung était vu en grand vainqueur de la course car au loin venait de se dessiner la ligne d'arrivée. Mais, dans l'ultime tournant de la course, ce dernier dévia de sa trajectoire initiale, suite à la qualité douteuse de sa fusée. Curieusement, son engin effectua une parabole au-dessus de l'océan Pacifique, à la vitesse de mille deux cents nœuds. Bientôt, il fut en vue de l'île du Japon, sur laquelle il vint s'écraser, à proximité d'une curieuse montagne en forme de champignon, nommé par les natifs de la région Mont Fukushima. L'explosion provoquée par la chute du véhicule fut telle que l'on ne retrouva plus de trace de la montagne en quelques heures, comme dissoute en un nuage de fumée et de poussière.


Suite à ce fâcheux incident, toutes les bourses s'affolaient, tandis qu'un climat de panique imprégnait les populations dans tout le globe. Chacun cherchait à comprendre ce qu'il s'était passé, mais personne ne pouvait répondre. Enfin, on vint me chercher afin d'attester à la question que le monde se posait. Après avoir parlementé avec les plus hautes autorités des parlements mondiaux durant plus de trois jours, je donna enfin mon verdict: Drumb avait gagné.
 

Modifié par Neckow

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