Shaft

[Fiction] OA : le light novel

Messages recommandés

Han ! Une tentative insidieuse pour me pousser à écrire. Avoue, qui c'est qui t'as payée pour mettre ce com Yunyun ? :hero:

 

Ouaip va falloir que je m'y remette surtout que j'ai déjà le gros du prochain chapitre de fait que j'ai laissé trainer toutes les vacances. *tousse tousse*

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

*tousse tousse*, en même temps si le gros du travail est déjà fait...

 

 

Ambiance stade de foot, fiévreux supporters :

 

"hoé hoé hoé hoé" "mais il est où, mais ils est où le prochain chapitre lalalalalalalalala"

 

*craque des fumigènes en cascades*

 

*tousse tousse*

 

 

J'ai passé un très bon moment en lisant cette histoire, un grand merci.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Après une période de hiatus qui n'a rien à envier à l'auteur de HxH lui-même, je vous livre un nouveau chapitre. Non, je ne l'ai pas du tout repris car c'était l'anniversaire de la princesse hier. :boude:

 

Je suis obligé de mettre en scène un minimum d'événements pour la trame de l'histoire, je pense que ce n'est pas le plus intéressant que j'ai écrit, mais il faut bien en passer par là. Comme d'habitude, vous pouvez signaler les fautes que vous croisez ou ce qui vous fait tiquer, tout ce qui est dans le but d'améliorer le résultat final est une bonne chose. J'ai retouché ce que j'ai écrit il y a déjà un petit moment, j'espère que la lecture n'est pas trop désagréable.

 

------------------------------------------------------------------------------

 

Chapitre 10 : Destins croisés

 

Le palais était en effervescence. La première princesse de Floréas avait disparu comme ça du jour au lendemain sans laisser de traces. Les domestiques et les maids couraient dans tous les sens et déplaçaient ici et là, une armoire, un miroir ou encore un tonneau dans l’espoir de la retrouver. Il faut dire que cette princesse casse-pieds, petite, aimait déjà établir ses quartiers près des fûts. Une inspection poussée de sa chambre par le héros Slain et ses hommes n’avait rien donné. Les soldats qui montaient la garde près de l’aile du palais où logeait la princesse n’avaient rien remarqué de particulier pendant la soirée en dehors des excès habituels de la noblesse.

 

Dans une grande pièce adjacente à la salle du trône, le Roi Johann H. Floréas avait réuni la fine fleur de ses ministres et conseillers pour une réunion de crise. Slain se tenait comme toujours près de lui et faisait son rapport.

 

« Majesté, les gardes ont fouillé le palais de fond en comble. Nous avons naturellement passé au peigne fin la cave à rhum en premier. Il semblerait que des vêtements et de l’argent aient disparu de sa chambre mais personne n’a touché à ses bijoux. Il est difficile de déterminer si la princesse a été kidnappée. Cependant, cela ne semble pas être l’œuvre d’une organisation criminelle en raison de l'absence de demande de rançon. Personne ne l’a vue sortir de sa chambre après qu’elle s’y soit réfugiée dans un accès de rage le soir de ses fiançailles. »

 

« Autrement dit, nous n’avons aucune piste et nous ne savons même pas s’il s’agit d’un enlèvement… Vu son comportement par le passé en plus, on n’est pas vraiment avancé. Elle tient vraiment de sa mère… Les deux thèses sont envisageables mais il faut la retrouver coûte que coûte ! Et il n’est pas question que la nouvelle s'ébruite hors de l’enceinte de ces murs. Quelqu’un dans cette auguste assemblée aurait-il des suggestions à faire ? »

 

Le premier ministre du roi, un homme jovial au ventre rebondi et à la longue barbe blanche se lève et prend la parole.

 

« Votre majesté, je pense qu’il serait déjà sage de prendre une maid des services spéciaux et de la faire passer pour la princesse lors des sorties officielles. En dépit de son caractère, les sujets du royaume y sont assez attachés. Sans compter le fait que Monalcol ne doit pas avoir vent de sa disparition, il en va de nos intérêts commerciaux. »

 

Puis un duc, homme grand et malingre au regard d’acier rajoute en tripotant nerveusement son bouc.

 

« Votre Majesté, cela fait bien longtemps que l’oiseau a quitté le nid. Je dirais même qu’il s’est vraisemblablement envolé hors du domaine royal. Nous devrions mobiliser l’ensemble du corps des nekoknights à travers le royaume. Actuellement, nous ne sommes pas en conflit avec nos voisins et le héros Slain et ses hommes sont là pour vous protéger en cas de besoin. Nous devons à tout prix mettre toutes les chances de notre côté pour retrouver votre fille. Le temps joue contre nous ! »

 

« Je vous remercie tous les deux pour votre sagacité, vous m’êtes précieux messires. Hum, créer un sosie de la princesse me semble être une sage décision. Envoyer les maids… Je n’aime pas cette idée mais je ne vois pas d’autre option valable. Tant pis, nous allons faire comme ça. »

 

Le roi se saisit d’une plume et rédige un décret avant d’y apposer le cachet royal. Il le tend alors à un de ses secrétaires.

 

« Voilà l’ordre. Les maids doivent retrouver à tout prix la princesse vivante dans les plus brefs délais ! »

 

Très vite les instructions sont relayées et le palais se vide progressivement de ses nekoknights sous le regard de la garde royale qui ne peut s’empêcher de maugréer contre la première princesse. Sur les épaules de ces solides gaillards reposent désormais la sécurité du souverain.

 

Le palais retrouve petit à petit sa quiétude. Chacun vaque à ses occupations habituelles alors que les soldats du Roi ont renforcé la fréquence de leurs patrouilles. Slain mène ses hommes à travers les méandres du palais et coordonne la disposition des forces de sécurité. La journée s’écoule alors que la vie normale reprend son cours.

 

A la tombée de la nuit, un mystérieux brouillard bleuâtre enveloppe le palais. A son contact, les soldats de garde s’affaissent sur eux-mêmes avant de sombrer dans un profond sommeil. Un groupe d’individus recouverts de capes sombres pénètre dans l'enceinte du palais et se faufile entre les corps des gardes assoupis. La garde d’élite du Roi parvient à garder l’esprit éveillé grâce aux propriétés magiques de leurs armures. Alertée par le bruit des armures qui tombent contre le sol, ils réveillent le roi et le héros Slain.

 

Au couvert de l’obscurité, les envahisseurs nocturnes progressent sans rencontrer de véritable résistance vers les quartiers royaux. Le groupe se compose d'une bonne douzaine d'ombres semblant ne faire qu'un avec la nuit.

 

Devant la chambre de Johann H. Floréas, une vingtaine de soldats monte la garde. Ils arborent un élégant uniforme rouge sang et noir. Un buste d’armure en métal noir et un long bouclier enchantés par les mages de la cour leur servent de protection. Une longue épée tranchante à une main vient compléter leur équipement. Derrière eux se tient le roi Johann armé de son sceptre « Rugissement écarlate ».

 

Slain arrive près du roi, rameuté par les gardes, entouré d’une demi-douzaine de ses hommes vêtus de noir et de bleu. En contraste avec le lourd attirail des chevaliers royaux, ils privilégient la mobilité et ne possèdent - à l’image du héros - qu’une fine rapière.

 

A la vue des intrus, le capitaine de la garde envoie à l’assaut une vingtaine de ses hommes engager l’ennemi. Ces derniers peinent à avancer aussi lestement qu’ils le souhaiteraient, luttant contre l’apathie que la brume bleue suscite en eux.

 

Leurs ennemis, pas le moins du monde incommodés par le brouillard, sortent un étrange poignard incurvé en réponse à la charge des chevaliers. Les soldats engagent les intrus aux capes sombres. Ces derniers sont entièrement vêtus de noir. Seul un masque blanc au curieux sourire vient rompre la noirceur de leurs tenues. Il ajoute au mystère de ces hommes et semble avoir la propriété de troubler l’esprit de quiconque le regarderait de face.

 

Le bruit du choc des armes et des boucliers se fait entendre. Les mystérieux assaillants parent avec aisance la charge des chevaliers. Leurs armes se recouvrent de flammes noires qui semblent prêtes à tout engouffrer, métal et chair. Alors qu’un des masques blancs réussit à érafler l’épaule d’un des gardes, ce dernier se convulse de douleur. Très vite, il s’écroule sur le sol, la face arborant une teinte violacée : il vient de rendre l’âme. Au fil des combats, les autres gardes connaissent un sort similaire alors que leurs mouvements en partie scellés par le brouillard sont trop lents pour espérer infliger une blessure fatale à un ennemi aussi agile. Le roi se retient de ne pas lancer sa magie de feu dans un périmètre aussi étroit et de surcroît entouré par ses gardes.

 

« Capitaine, veuillez reculer. Leurs armes sont empoisonnées. Je vais me charger des intrus. Concentrez-vous sur la protection de sa Majesté. »

 

Slain sort sa rapière magique « Reflet gelé » de son étui et s’élance vers l’ennemi. Avec une vitesse stupéfiante, il transperce le cœur de l’un d’eux avec une facilité déconcertante. La brume ne semble pas avoir de prise sur lui alors qu’un courant d’air froid entoure son corps, formant comme une barrière naturelle. Sur un claquement de doigts d’un masque blanc, quatre individus s’élancent vers Slain qui ne perd pas son sang-froid et adopte une posture plus défensive. D’un mouvement dexte de son épée, il pare sans effort apparent les quatre poignards qui foncent ver lui de toute part, annihilant toute possibilité d’esquive.

 

Le temps de cet affrontement, un discret sifflement perce au milieu du fracas des épées. L’un des assaillants masqués a décoché un carreau d’une arbalète fixée à son poignet. Un des hommes de Slain resté en retrait semble intercepter le carreau d’un coup d’épée. Cependant, l’instant d’après Johan H. Floréas, cinquième monarque du royaume s’écroule, l’air hébété, ne comprenant pas ce qui lui arrive. Deux prénoms meurent sur ses lèvres.

 

« Sandy, Zaza pardon… »

 

Le visage de Slain auparavant impassible se contracte. Il ferme les yeux, tient son épée contre son front et entame une invocation.

 

« NEBEL SELLA TREPSNIE SIE SAD ! »

 

Il fait alors un arc de son épée. Dans le prolongement de la lame de « Reflet », des stalagmites se forment emprisonnant le groupe des masques dans un étau de glace remontant jusqu’à leur cou. Il se précipite alors vers le Roi couché à même le sol et prend son pouls. Une sombre grimace vient perturber la quiétude de son visage. Il a failli à son devoir.

 

 

************************************************

 

 

Dans l'établissement de bain, le cœur de la princesse, qui se tient l’oreille collée contre la palissade, s’accélère à la mention du mot « dragon ». Une lueur farouche éclaire un instant l’azur de ses yeux, telle une étoile filante. Syel soupire ; elle se résout à l’idée que la princesse est irrécupérable. De l’autre côté, la conversation continue.

 

« Il nous faut comprendre ce qui a rendu le dragon aussi enragé. Traditionnellement, les elfes ne s’entendent pas avec les dragons mais cela n’explique pas son comportement. Un mythe raconte même que créés par deux divinités antagonistes, ils devaient s’affronter jusqu’à ce qu’une des deux espèces l’emporte.»

 

« C’est parfaitement normal la concurrence entre déesses. Les vrais fans doivent être prêts à combattre et se sacrifier pour leur idole ! Corps et âme, enfin surtout corps. »

 

« Pourquoi des dieux ? Lilu a Master. Tant qu’elle peut lui frotter le dos, Lilu est comblée. »

 

Shaft tousse et reprend le fil des ses pensées.

 

« Maintenant que j'y pense, j’ai remarqué une étrange boucle d’oreille sur le dragon qui émettait une aura oppressante. Selon toute vraisemblance, il s'agit de magie sombre. Pendant le combat, j’en ai récupéré une partie que j’ai scellée dans une pierre. Avec cela, on doit pouvoir localiser l’origine de cette magie en suivant le fil du mana. »

 

« Coin ! Il faut que l’on trouve les malfaisants qui ont voulu me rôtir le croupion ! »

 

« Ok, c'est décidé. Pour le moment, on va profiter des installations et nous reposer avant le périple qui nous attend. A l’aube on partira à la recherche de l’origine de ce mana. D’ici là tentons de nous reposer et de reprendre des forces avant les épreuves qui nous attendent. Si c'est ce que je crains, l'aventure s'annonce périlleuse. »

 

Kiri ronfle paisiblement dans le bain. Cana dort à la surface de l’eau chaude tout en gardant un œil ouvert, prêt à réagir à toute circonstance imprévue. Malgré tous les efforts du groupe, ils n’ont pas réussi à réveiller Kiri qui s’est assoupi dans le bain avec un sourire un peu niais. Il rêve qu'il court dans le plus simple appareil dans un vaste jardin. La partie de cache-cache avec les idoles bat son plein.

 

Shaft s’est retiré dans une chambre où deux futons ont été étendus par les servantes pour Lilu et lui.

 

Dans une autre chambre au sein d’Haifuri, Sandy peine à trouver le sommeil. Les joues rosies par l’excitation, elle s’imagine en train de combattre une hydre et couper les têtes les unes après les autres avant de terminer son adversaire par un immense brasier incandescent et d’en manger la viande. Syel en revanche a la queue et les oreilles basses, elle sait que la princesse ne réagira pas du tout dans cet état-là si elle essaie de la taquiner. Puis Sandy semble revenir à la réalité et se relève.

 

« Syel, c’est décidé on va les suivre à distance. Avec ton flair pour suivre leur piste, ils ne nous échapperont pas héhé. »

 

Sandy prend Syel dans ses bras et se frotte le visage contre son corps en ouvrant ses grands yeux bleus suppliants. La maidknight prise de cours ne peut s’empêcher de rougir avant de se reprendre puis de caresser la tête blonde penchée sur elle.

 

« Ara ara, on va finir par se demander qui est la neko de nous deux. Très bien, on verra bien où le destin nous mène en leur compagnie. Je m’interroge aussi sur la loli aux cheveux blancs, elle est trop mignonne mais mon instinct me met en garde contre elle. »

 

Au petit matin, Shaft est réveillé par un brouhaha venant du couloir. Il constate avec un air mi lassé mi rieur que Lilu n’a pu s’empêcher de se glisser dans son futon. Vêtue d’une petite nuisette, elle continue à dormir paisiblement, s’agrippant à la taille de l’elfe comme une sangsue à sa proie. Il tente de se lever mais l’homonculus ne bouge pas, toujours accrochée solidement à Shaft.

 

La porte s’ouvre brutalement, des cris féminins stridents se font entendre dans le couloir. Un homme dans le plus simple appareil pénètre dans la pièce.

 

« SHAAAAAAFFFFFTTTT !!!!! Qu’est-ce que tu fais derrière mon dos avec une loli ! Avoue tu as mis du somnifère dans le saké et tu as demandé au canard de cacher toutes les serviettes !!! »

 

Avec ce cri, Lilu émerge de son profond sommeil. Ses pupilles écarlates semblent vides. Elle libère Shaft pour se frotter les yeux. Puis elle remarque alors seulement la présence de Kiri.

 

« Dégoûtant. Pervers. Insecte. Déchet. Parasite. Enquiquineur. Lolicon. »

 

Lilu se saisit d’un oreiller et assomme Kiri avant d’enrouler un futon autour de son corps inerte et de le ficeler avec une corde de robe de chambre. Puis elle s’assit dessus avant de rougir.

 

Le bruit parvient jusqu’aux oreilles de la princesse, installée dans une chambre à proximité.

 

« Ils ne se retiennent pas dans leurs ébats ces gens-là. Les roturiers agissent toujours ainsi Syel ? »

 

Syel reste muette, elle-même perplexe sur la nature des activités de l'autre côté du mur.

 

« La nuisance n’est plus. Lilu veut continuer là où l’on s’est arrêté master. »

 

Shaft décide de l’ignorer et ouvre la fenêtre. Quelques instants plus tard, le canard débarque à son tour en sifflotant dans la pièce.

 

« Coin ! »

 

Lilu se lève pour le prendre dans ses bras et s’amuse à lui tirer la joue.

« Heureusement que tu n’es pas un vilain petit canard comme le bagage qui nous accompagne. »

 

Kiri retrouve ses esprits et réalise sa position.

 

« Lilu il fallait le dire si tu voulais à ce point m’attacher, on pouvait s’arranger. »

 

La petite loli le regarde avec un air menaçant en écrasant sa tête du pied. Shaft tape dans ses mains.

 

« Laissez le saucisson tranquille. Nous allons devoir nous mettre en route vers notre objectif. Selon mes estimations, la magie sombre provient de la forêt d’Arach qui est au nord d’ici, de l’autre côté de la frontière. Habillez-vous, faites le plein de bacon et de crêpes et on se met en route. »

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

"aimait déjà établir ses quartiers près des fûts" Mais xD

 

Troisième paragraphe, t'as oublié le c à cependant (le reste osef)

 

Ca reste intéressant, les choses s'enclenches

 

Merci shaftou m(_ _)m, j'espère que le prochain ne sera pas pour le 6 octobre prochain car sinon je risque d'inventer moi même les suites de tes chapitres et ça ne va pas être jolie à voir !

Hihi

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Merciiiiii Shat !!!

 

J'ai l'impression que ton style d'ecriture a évolué, j'ai trouvé ça plus fluide, plus dynamique et au niveau des émotions aussi ça a changé. Ta façon de décrire semble différente. Ça me plait ^^ C'est prenant de suivre les deux histoires en parallèle ! On se demande comment elles vont avancer ou si elles se rejoindront. Mes compliments à l'auteur !

Comme Goba l'a dit, t'étais pas loin de détrôner Togashi :B une date approcimative pour le prochain chapitre ?

 

Ps: Lilu best loli.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Je réagis 300 ans plus tard, faudrait que je revienne un peu plus souvent sur le forum ! Personne ne m'y a obligé j'vous jure !

 

Mais je suis d'accord, la suite la suite la suite ! Où est elle ? *regarde sous une pierre*

 

Hmmmm ???

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Voilà le chapitre 11 livré avec quelques mois d'avance par rapport à l'anniversaire du canard. J'ai relu assez vite fait, il n'est pas impossible que vous croisiez quelques fautes.

 

Et comme les discours les plus courts sont le meilleurs : enjoy.

 

Ne rêvez pas trop de moi. :timide:

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Chapitre 11 : La ville de verre

 

Lilu renâcle mais finit par se séparer de cette curieuse existence saucissonnée dans le futon. Kiri se faufile avec la grâce d’un ver de terre vers la porte dès que la loli le relâche. Le canard s’extirpe des bras de la loli pour chevaucher cette monture peu conventionnelle.

Dans le couloir, la voix de son maître résonne.

 

« Ce mode de transport est plutôt cool en fait. Je reviens tout de suite et on décolle. »

 

Une heure plus tard, Kiri finit par débarquer en bâillant à se décrocher la mâchoire. Love Loli quitte l’établissement de bain avec regret, en particulier Cana qui soupire à l’idée de quitter une baignoire aussi spacieuse. Les branches des glycines s’agitent doucement et une paire d’oreilles félines dépasse du massif de fleurs. Un duo discret composé de deux jeunes filles suit à distance Kiri et ses compagnons.

 

Très vite, les faubourgs d’Agapant se réduisent à des silhouettes difformes au loin derrière eux. Un chemin en pierres de taille usé par les roues des chariots sillonne la plaine. Love Loli se mêle à une troupe de ménestrels itinérants qui fait le voyage vers Gerlen afin de participer aux célébrations du mariage d’un comte. Sven, le leader de la troupe, accueille avec gentillesse les deux hommes et la fille transportant le canard.

 

« N’hésitez pas à partager notre compagnie messires, toute aide est la bienvenue. Seul Godr sait quel danger nous guette, les bandits frappent toujours quand on s’y attend le moins. Et à en juger par l’épée qui pend à votre ceinture, vous êtes un homme d’armes. »

 

Kiri flatté par l’appellation tousse pour éclaircir sa voix avant de répondre.

 

« Oui avec moi, vous n’avez rien à craindre Sven. J’ai pour vœu de défendre l’orpheline et la loli de tous les périls. Donnez-moi du bacon et j’affronterai ogres et trolls par monts et par vaux ! »

 

Emporté par son élan lyrique, il tente de sortir l’épée de son fourreau pour la brandir haut dans le ciel avant de se rappeler son précédent échec contre le dragon. Son visage s’empourpre, déformé par l’effort avant de finalement renoncer à son projet dans un concert de halètements.

 

Kiri ne peut également s’empêcher de soupirer intérieurement. Il voulait tellement montrer l’étendue de sa dextérité à l’épée à la plus jeune ménestrelle du groupe. Mais son objectif est en partie atteint vu que cette dernière ne peut s’empêcher de pouffer de rire devant ce spectacle. Le regard d’expert de Kiri ne peut s’empêcher de voir en elle une idole en devenir.

 

Lilu tape avec le revers de sa main sur la tête de Kiri comme pour lui signifier d’arrêter de se ridiculiser devant le haut elfe. Le geste n’échappe pas à Sven et son attention se porte sur cette mystérieuse jeune femme aux prunelles rouges.

 

« Excusez ce serviteur incapable, il ne serait bon qu’à effrayer les cordeaux si on l’empaillait dans un champ. »

 

Kiri peine à dissimuler sa mine dépitée. Une fée de lumière se forme sur la paume de Shaft alors qu’il marmonne une incantation à sa voix basse. L’attention des ménestrels se détourne de la loli pour se porter sur l’elfe, éblouis littéralement par sa performance. Puis il referme sa main et la lumière se dissipe en de fines particules qui finissent par s’éteindre. Ayant saisi leur attention à travers ce show de lumière, il en profite pour s’exprimer à son tour.

 

« Merci de nous permettre de voyager à vos côtés. »

 

« Tout le plaisir est pour nous, les épées sont rares mais les magiciens le sont encore plus. Ravi de vous avoir parmi nous, nous pourrons dormir l’esprit serein avec un mage de lumière à nos côté. »

 

La journée s’écoule paisiblement alors que Love Loli se fond parmi le groupe de ménestrels. Le haut elfe converse gaiement avec Sven alors que la loli reste près de lui, comme entourée d’une aura sauvage la rendant inaccessible. Un peu en retrait, Kiri se lie d’amitié avec le reste des ménestrels et rit à gorge déployée tout en engloutissant une quantité non négligeable de bacon et dans une moindre mesure – de pain. Le canard quant à lui a décidé d’entamer une sieste dans un chariot, bercé par le cliquetis des roues contre les pavés.

 

Un peu plus loin sur la route on retrouve la princesse et sa suivante vêtues d’habits de mercenaires. Elles ont négocié le transport avec un marchand ambulant possédant sa propre carriole. Un inou au poil ras court aux côtés du véhicule de son maître et ne peut s’empêcher de montrer les crocs à la vue de Syel qui semble le narguer, perchée sur le siège du conducteur.

 

Alors que le soir tombe, la caravane est obligée de s’arrêter. La troupe établit un campement pour passer la nuit à l’abri des bêtes sauvages. Une gourde d’alcool circule parmi les ménestrels sous le regard avide et implorant de Kiri. C’est selon leurs dires une coutume pour communier avec les esprits et se donner du courage. Profitant de l’état alcoolisé de leurs compagnons de route, le canard parvient à s’emparer de la précieuse gourde juste devant Kiri et engloutit tout son contenu avant d’afficher un air satisfait.

 

Avant que Kiri ait eu le temps de sauter sur le canard, Shaft les interpelle et leur fait part des quelques informations qu’il a glanées auprès du chef des troubadours.

 

« La forêt d’Arach se trouve à quatre jours de Chokabo mais nous devons d’abord passer par la ville de Callune. C’est une cité renommée pour sa culture et la particularité de son architecture en verre mais il court d’étranges rumeurs à son sujet. »

 

« Quel genre de rumeurs ? Ils ont prévu un concert de lolis ? Non ne me dis pas que c’est Akb666, mon âme n’y survivrait pas. Elle partirait directement dans les cieux. »

 

« Non pas à ma connaissance. Sven affirme qu’à la nuit tombée, de jeunes enfants disparaissent mystérieusement. »

 

« Le monde est vaste, mais partout la concurrence est rude… Euh c’est inadmissible de vouloir garder toutes les lolis pour soi !!! Comment vont faire les lolicons de la ville ? Ils n’ont quasiment aucune autre alternative que l’exil. Et je ne parle même pas des shotacons ! »

 

« Coin ! Ils doivent faire des choses pas nettes dans ce patelin. Je doute qu’ils fassent de l’élevage de jeunes pour les gaver. »

 

« Master, vous m’avez déjà moi ! Comment osez-vous kidnapper de nouvelles lolis ? Vous aviez juré que vous ne le feriez plus jamais. »

 

Shaft s’empresse de mettre la main devant la bouche de Lilu et élève la voix.

 

« Lilu chuuuuuuttt, c’était pour des expériences voyons HAHAHA !!! Il fallait bien faire avancer la Science ! Cette création divine doit être documentée. La lolilogie s’intéresse à une somme de problématiques importantes sur les plans de la métaphysique et de la structure du vivant. Par exemple, les lolis sont-elles nécessairement des planches à pain ? Comment s’y prennent-elles pour ensorceler nos âmes ? »

 

« Shaft mon vieux tu as raison, ce sont des questions d’importance capitale ! »

 

Lilu un instant surprise par l’enthousiasme soudain de Shaft touche sa poitrine et ne peut s’empêcher d’afficher un sourire ravi avec un soupçon d’arrogance et de fierté.

 

Le voyage de la caravane se poursuit sans encombre. Tous les matins, Lilu est chargée de réaliser une mission d’une extrême difficulté : réveiller Kiri. Il s’ensuit toute une série de positions curieuses au réveil de ce dernier, notamment attaché à une broche au-dessus des flammes ou encore suspendu au bout du fil d’une canne à pêche pendant qu’une colonie de gators tente désespérément d’en goûter un morceau. Ces animaux aquatiques affichent une rangée de dents effilées vraiment impressionnantes et ont la réputation de ne rien laisser d’une proie qui a le malheur de tomber entre leurs crocs.

 

Quelques jours de route plus tard, la petite troupe de Love Loli se sépare de leurs compagnons de voyage. Ils quittent alors la grande voie empruntée par la caravane pour une route beaucoup plus champêtre. Sven les remercie et leur recommande d’être prudents.

 

« Le cristal où j’ai emprisonné le mana du dragon commence à réagir plus vivement, nous approchons du but. »

 

Au fur et à mesure que Love Loli se rapproche de la cité de Callune, un sentiment étrange les pénètre alors que le chemin se réduit. Les arbres au milieu de la brume s’élèvent tels des fantômes prêts à posséder le malheureux voyageur égaré. Les genoux de Kiri commencent à produire un son curieux en s’entrechoquant. Une ombre semble se rapprocher en émettant un cri peu rassurant.

 

« Krrrrrrr KKRRRRR »

 

Le son fait bondir Kiri qui se retrouve dans les bras de Shaft, sous le regard furibond de la loli. Il s’empresse de le laisser tomber par peur d’éventuelles représailles. Un petit volatile passe alors au-dessus de leurs têtes sans se préoccuper de leur présence. Shaft aide Kiri à se relever et Love Loli reprend sa marche. Kiri se met derrière l’elfe, se servant de celui-ci comme un bouclier pour le protéger d’un péril imaginaire.

 

Sous un ciel qui se fait menaçant et alors que la lumière commence à décliner, l’elfe, l’homonculus et le canard aperçoivent avec soulagement les lumières de la ville de Callune.

 

En total contraste avec la route qui y menait, la vue de la cité laissait le spectateur béat. Construite autour d’une mine de cristaux, Callune arborait une architecture très particulière faite d’un curieux verre entrecoupé de parties métalliques ici et là. Au milieu de la cité trônait une imposante tour à la façon d’un cristal qui jaillit de la roche. C’étaient les quartiers du comte Cindirel, en charge des affaires de la ville. La tour de cristal dominait une ville naturellement tournée vers les arts comme en témoignaient les nombreuses échoppes d’artistes, sculpteurs, musiciens et autres artistes.

 

En dépit de la proximité avec le royaume guerrier voisin, l’art y florissait car les armées de Pina craignaient cette étrange forêt qui était au cœur de nombres de légendes. Certains voyageurs égarés seraient sortis sous la forme d’une abomination quelques siècles plus tard.

 

Alors que la pluie commence à tomber, d’un commun accord, le groupe décide de se mettre en quête d’une auberge pour y passer la nuit. Rapidement, ils finissent par trouver leur bonheur au sein de la Flûte dorée, guidés par l’odorat surdéveloppé de Kiri pour tout ce qui touche au bacon.

 

Environ une heure plus tard, deux silhouettes féminines se dirigent à leur tour vers Callune.

 

« Quel temps de merde ! Putain de pluie ! »

 

« Veuillez adopter un langage à la hauteur de votre rang princesse. »

 

Les lèvres de Sandy se refermèrent pour former une moue renfrognée on ne peut plus charmante.

 

« Pffff… Dis, tu arrives toujours à sentir leur trace avec ce sol détrempé ? »

 

« Ara ara, je ne serais pas une neko si quelques gouttes d’eau permettaient à ma proie de s’échapper. »

 

« Ok, rentrons dans la ville, cela commence à cailler. J’imagine qu’ils ont trouvé un endroit où passer la nuit depuis le temps. Cherchons une auberge pas trop loin de la leur pour éviter d’éveiller leurs soupçons. »

 

« BOOOOOOOOONNNGGGG »

 

Alors que Sandy et Syel arpentent le centre-ville, elles entendent un son cristallin qui fait sursauter la princesse. Les oreilles de la nekoknight se dressent, comme pour détecter l’origine de ce bruit. Sa queue semble former un point d'interrogation trahissant sa surprise. Elle tourne la tête et voit une fille de petite taille qui se masse le crâne.

 

« Foutue porte en verre ! Mais quelle idée sérieux de faire des portes transparentes ? Les râteaux sont déjà dangereux mais au moins on les voit en baissant la tête. Bon ok je me les prends aussi… »

 

Un grimoire antique git à ses pieds, sa petite robe bleue marine est partiellement maculée par la boue. La pâleur de sa peau forme un curieux ensemble avec ses longs cheveux argentés qui reflètent la Lune. Elle porte un plastron en métal qui épouse son torse et de manière plus surprenante une pièce d’armure sur le front. Un ruban blanc et noir se faufile dans sa chevelure comme le lierre sur un arbre. Sandy intriguée s’est rapprochée de cette mystérieuse fille pour le moins maladroite et étourdie. Elle lui tend le grimoire après l’avoir épousseté. La petite fille tend ses grands yeux bleus vers Sandy et s’empare du grimoire avant de bredouiller d’une voix tremblotante.

 

« Mmmm… merci. »

 

La princesse se retourne et murmure à l’oreille de Syel.

 

« Elle est trop mignonne Syel ! On peut la prendre avec nous ! Elle me rappelle le nyanko que j’avais quand j’étais petite ! »

 

« Tu parles du nyanko que tu arrosais avec le dernier sort d’eau que tu venais d’apprendre ? Dont tu coupais la retraite avec un mur de flammes ? Celui-là même que tu poursuivais inlassablement après lui avoir accroché une casserole à la queue ? J’ai peur que cette humaine soit trop fragile pour subir de tels sévices. »

 

« Mais non Syel, j’en prendrais grand soin… »

 

Un frisson parcourt l’échine de la petite fille qui se relève alors que Sandy lui caresse la tête et l’aide à se relever.

 

« Tu es toute sale, tu ne veux pas réserver une chambre dans une auberge avec nous et prendre un bon bain chaud pour te décrasser ? »

 

Alors que la fille aux cheveux d'argent s’apprête à répondre, un cri retentit dans une ruelle proche. Toutes les trois se précipitent vers l’origine du bruit.

 

Une petite fille âgée d’environ une dizaine d’années se débat contre la poigne d’un agresseur vêtu entièrement de noir. Dans la lutte, elle lui a enlevé la capuche qui dissimule son visage. Mais très vite, l’homme reprend le dessus et l’assomme d’un revers de la main au niveau de la nuque. Il remarque alors les trois filles qui ont accouru entre temps et sort un poignard à la lame courbe.

 

« Maudissez Godr car vous avez vu mon visage. Vous allez périr ici. »

 

Il s’élance vers elles le poignard à la main et se prépare à les expédier vers l’autre monde. Toutefois avant qu’il ait eu le temps d’y arriver, Syel vive comme l’éclair s’interpose entre cet inconnu et la princesse. Les étincelles fusent alors que les armes s’entrechoquent. Dans chacune de ses mains, elle porte une curieuse arme, comme si deux poignards avaient été assemblés par le même manche et pointaient dans une direction opposée.

 

Syel dans une danse d’une rare grâce repousse sans effort apparent les assauts de son ennemi malgré le manque d’adhérence du sol détrempé. L’homme ne peut que constater la futilité de ses efforts et ses lèvres commencent à former un rictus cruel, similaire à une bête sauvage qui rencontre une proie récalcitrante.

 

Il commence alors à prononcer une incantation et son poignard se recouvre d’une curieuse flamme noire. Le mystérieux agresseur se saisit d’une bourse de poudre à sa ceinture et la lance en direction du visage de la neko. Syel à son tour prononce une incantation.

 

« ZTILB TIEKGID NIWSEG ! »

 

Des éclairs parcourent le corps de Syel et la poudre ne rencontre que le vide. L’homme ne fait que qu’effleurer une illusion. La protectrice de Sandy s’est déplacée quasi-instantanément derrière l’ennemi et cisaille en quelques coups rapides et précis les tendons des jambes et des bras de celui-ci.

 

L’homme hurle de douleur et s’écroule sur le sol. Ses yeux croisent ceux de sa valeureuse adversaire. Il la défie du regard une dernière fois avant de casser une fausse dent répandant un poison mortel dans son corps. Quelques spasmes plus tard, l’homme gît immobile à même le sol.

 

« Ara ara, c’est ballot, je n’aurais pas pensé qu’il serait allé jusqu’au suicide sinon je m’y serais prise autrement. En même temps, son arme étrange me laissait peu de marge de manœuvre. Mais maintenant, il ne dira plus jamais rien… »

 

La jeune fille à la pièce d’armure sur le front s’approche timidement vers le cadavre et prend la parole d’une voix hésitante.

 

« S’il n’y a que ça, je peux essayer de remédier au problème… »

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

J'ai pas mal d'espoirs sur le développement de cette mystérieuse jeune fille en tout cas. :joysiffle:

 

 

Ah bon Kimo elle aussi heurte les portes en verre ? :o Le monde est vraiment petit. :sarcasme:

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Je n'ai pas trop eu le temps de bien relire avec toutes ces festivités, mais je donne quand même mon cadeau de Noël à OA, le chapitre 12 du LN.

 

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire si vous voyez une coquille ici ou là. Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et une bonne lecture. Un nouveau personnage fait son apparition, mais le suspense ne durera pas sur son identité ce coup-ci. =)

 

---------------------------------------------------------------------------------------

 

Chapitre 12 : dans l'ombre, la céleste

La jeune fille époussette sa robe en se redressant puis ouvre son grimoire. Elle récite alors une incantation d’une voix sûre en contraste avec sa timidité d’avant.

 

« TOT NEDNES EIS RIM ERHI ESSINTNEK REBU SESEID NEBEL »

 

Un flux de mana violet circule autour d’elle à la façon d’une âme égarée dans le royaume des morts d’El Shine. Puis il forme une sorte de pont spirituel entre elle et le cadavre de l’assassin. Cette brume violette pénètre dans le corps par les narines et celui-ci est brusquement agité de soubresauts.

 

Progressivement, les spasmes du cadavre prennent fin. La brume ressort par la bouche et change de couleur pour adopter une teinte grisâtre. Elle prend alors une forme quasi-humaine, s’agenouille devant l’invocatrice et se retrouve aspirée par le livre.

 

Celui-ci se referme et à la plus grande surprise des deux mercenaires, la jeune fille tombe dans les pommes comme si elle avait été vidée de toute son énergie. Syel la rattrape in extremis pour l’empêcher de tomber de nouveau à même le sol.

 

« Elle est mignonne quand elle dort mais elle semble un peu terne à côté de la princesse. Même si je me passerais bien des ronflements de Sandy, c’est plus agréable de taquiner une rose avec des épines. »

 

« Syel arrête de faire comme si je n’étais pas là ! La pluie redouble, dépêchons-nous de trouver une auberge où passer la nuit.»

 

De force, elle prend la fille des bras de la nekoknight. Deux ombres filent dans les ruelles quasi désertes aussi vite que leur permet leur fardeau.

 

***************************

 

Au petit matin, dans un entrepôt sombre, des hommes s’activent à pousser des tonneaux remplis d’une mystérieuse poudre blanche.

 

« Plus vite bande de feignasses ! Qui m’a foutu des empotés pareils ! Grouillez saletés de vermines ou je vous donne en encas aux gators ! »

 

L’homme donne un violent coup de pied à un larbin qui a eu la mauvaise idée de s’arrêter pour reprendre son souffle. Une froide botte métallique est projetée dans le ventre de son subordonné. Celui-ci est propulsé comme un fétu de paille contre un des murs du bâtiment. Sous la violence du choc, son crâne explose, propulsant des fragments de cerveau mêlés de sang à la ronde.

 

« HAHAHAHAHAHAHA ! »

 

Un rire sardonique retentit, ne trouvant qu’un maigre écho dans un océan de silence. Cet homme de petite taille au physique trapu et musclé était surnommé « Le Rieur ». Ce surnom ne constituait en rien une ode à sa jovialité. Il était fameux dans le milieu pour son comportement despotique et le rire sadique qui agitait son gosier. Dans un univers où la force faisait loi, il imposait son autorité par une violence sauvage, presque animale.

 

Des innombrables conflits auxquels il avait pris part, il en avait gardé les stigmates. Une grande cicatrice balafrait son visage et l’un de ses yeux était en verre, ce qui accentuait la froideur de son regard. Son bras gauche et sa jambe droite avaient été amputés et remplacés par des prothèses en métal qui répondaient à ses commandes grâce à la mise en place d’un système complexe alimenté par l’énergie des stigmatas.

 

Une rumeur courait selon laquelle il avait subi ces blessures quand des bandits l’avaient acculé à vingt contre un lors d'une embuscade tendue pour l’éliminer dans une forêt sauvage. Rampant à même le sol, il aurait achevé le dernier avec ses dents et survécu en cuisinant la chair de ses ennemis.

 

Il était en charge d’une précieuse marchandise qui lui avait été confiée par un important client. Il connaissait tous les ressorts du marché noir et de trafics variés mais il n’avait encore jamais vu une drogue comme ça. Entre deux injures envers ses « larbins » comme il les appelait, il réfléchissait à la façon dont il allait pouvoir l’écouler dans le royaume de Floréas conformément aux instructions de son client dont la simple mention lui laissait courir un frisson dans l’échine.

 

Le Rieur avait décidé de kidnapper des jeunes adolescents errants la nuit dans la ville de Callune en raison de la proximité de cet entrepôt qui se situait dans la forêt proche de la frontière et du fleuve Jubil. Une fois l’addiction en place, ces jeunes retourneraient dans leur famille tout aussi mystérieusement qu’ils étaient partis et recevraient un approvisionnement en drogue régulier s’ils arrivaient à répandre l’usage de la drogue au sein de la cité.

 

Il contemplait la poudre blanche de la « céleste » avec un air méfiant. Le nom de cette drogue était aussi cynique que le sobriquet dont on l’avait affublé. Si seulement il avait été question d’un autre client, il n’aurait pas hésité à refuser le marché ; mais il se retrouvait dans une situation où il n’avait pas le choix. Un refus aurait entrainé le démantèlement voire l’extermination barbare de sa bande de malfrats. Et ce même client lui avait fourni des armes redoutables pour l’aider dans sa sale besogne. Chaque nuit, il envoyait des hommes dans les ruelles kidnapper de jeunes enfants/adolescents ayant échappé au couvre-feu. Il avait commencé à en libérer une partie dans la ville de verre avec des quantités non négligeables de céleste sur eux.

 

************************************

 

Dans la Flûte dorée au petit matin, les membres de Love Loli émergent petit à petit de leur sommeil. La séparation avec le lit douillet après toutes ces nuits passées à la belle étoile est des plus difficiles. Lilu a quelque peu changé ses habitudes de sommeil et a pris le parti de s’accrocher au bras de l’elfe plutôt qu’à la taille. Le seul problème pour ce dernier, c’est qu’elle rêve qu’elle lui fait une clé de bras, rêve qui finit par se confondre avec la réalité.

 

Le cri de douleur de l’elfe tire donc Kiri et le canard de leur sommeil. Le ventre de ce dernier arrête de monter et de descendre en rythme au plus grand dam du palmipède qui profitait jusque-là de l’attraction. Les deux hommes, la loli et le canard descendent dans la grande salle de l’auberge. Lilu rêvasse avant de se mettre à rougir, repensant un instant à ses ébats pour le moins musclés avec le bras de l’elfe. Shaft soupire en frottant son membre endolori puis rejoint le petit groupe qui s’empiffre de bon cœur de viande séchée et de pain.

 

Une fois leurs estomacs remplis, les quatre entament une visite de la ville, profitant des éclaircies pour admirer les nombreux trésors architecturaux dont regorge la cité de verre. De jour, Callune montre un tout autre visage, l’astre solaire créant un somptueux jeu de lumières multicolores à certains endroits. Ses rayons percent les vitraux et ressortent parés de couleurs joyeuses.

 

Le quartier des artisans verriers est particulièrement animé, les souffleurs de verre moulant la matière pour lui donner formes et couleurs diverses. Les flammes de leurs forges dansent en harmonie avec les mouvements huilés des artisans dans une étonnante chorégraphie.

 

Kiri fend la foule en poussant de temps en temps en temps des « Ô » d’admiration, tournant sa tête dans tous les sens sous le coup de l’excitation. La cité de verre est une attraction exotique pour lui qui a vécu toute sa vie à la campagne entre les champs et les élevages.

 

Leurs pas les mènent finalement au milieu d’un vaste bazar sur la place principale de la ville. On y vend un peu de tout, des produits de Pina, de Floréas jusqu’à des spécialités plus locales.

 

Alors que Lilu contemple les mignardises réalisées par un maître pâtissier, un jeune homme habillé avec soin la percute dans sa course, la propulsant la tête la première contre l’étal des tartes nappées de chantilly. Stupéfaite, elle se relève sans blessure apparente mais un peu sonnée. Même une pantheras lancée aurait eu du mal à la faire bouger d’un pouce en raison de sa force. Or là un simple, un misérable humain a eu l’outrecuidance de perturber une promenade agréable en compagnie de son créateur et l’avait renversée. Ses yeux rouges luisent d’un éclat écarlate, comme s’ils entraient en résonance avec la pierre de son front, alimentés par sa soif de sang et de vengeance. Kiri ne peut s'empêcher de commenter la scène à voix haute.

 

"Les lolis à barbe ont aussi leur charme en fait, mais celle-ci me fait peur."

 

Sans perdre une seconde, Lilu s’élance à la poursuite de l’homme qui ne lui a même pas accordé un regard. Le rattrapant en un clin d’œil, elle émet une version affaiblie de son cri dans l'espoir de l'immobiliser. Mais ce dernier semble immunisé contre cet assaut sonore et poursuit sa course comme si de rien n’était. Irritée, elle l’attrape par la manche mais celle-ci reste dans la main de la loli.

 

Leur course-poursuite les mène alors dans un dédale de ruelles plus étroites et moins fréquentées. Perdant patience, elle décide de sortir sa hache démesurée. Elle assène un coup puissant avec le flanc de l’arme et projette l’homme contre le mur en pierre. Kiri, Shaft et Cana parviennent à la rejoindre et ont du mal à cacher leur inquiétude. Familiers avec la force terrifiante de l’homonculus, ils se font du soucis pour l’homme qui a déclenché son ire. Mais à leur plus grande surprise, l’homme saigne juste un peu du crâne et ne semble avoir subi aucun dommage notable.

 

Avec la gestuelle quasi mécanique d’un pantin, l’homme se redresse et contemple la loli. Son regard les frappe par son vide, l’homme semble comme possédé par un esprit maléfique. Silencieux, il les fixe un moment puis s’élance vers son agresseuse. Il arme un coup de poing vers elle. Lilu voit venir cette attaque de loin et l’esquive facilement d’un pas en arrière avec son petit gabarit. Se méfiant de la force de l’homme elle n’a pas opté pour la parade à la hache. Le poing de l’homme heurte les pavés avec un bruit sourd et laisse un cratère impressionnant. Le bras droit ensanglanté de l’homme pend inerte mais cela ne semble pas le perturber plus que cela.

 

Shaft décide alors de se joindre à l’action et sort un cristal vert de sa besace puis entame une incantation.

 

« EIW UEFE BIGMU ERHI ETUEB »

 

D’épaisses lianes jaillissent du sol et enserrent l’homme dans un étau inextricable dont seule la tête émerge. Il essaie en vain de se libérer, la robustesse et la densité des pousses l’en empêche.

 

L’elfe ferme ses paupières et sent une faible réaction du cristal dans lequel il a emprisonné le mana du dragon.

 

« C’est curieux, on dirait qu’il existe un lien ténu entre le dragon de la quête de l’Ivogrine et cet homme. Le cristal réagit. Un peu à l’image du dragon, cet homme semble être privé de volonté. Pire encore, je ne sens même pas son âme. »

 

« Je comprends son désir d'assaillir une loli mais il devrait y mettre les formes. Ce lolicon a sûrement un cœur que son corps ignore. »

 

« En tout cas, il ne nous servira à rien, il n’a plus toute sa tête. C’est quasiment un mort-vivant. Déguerpissons, les gardes du comte ne vont pas tarder à débarquer. »

 

Sur une nouvelle incantation de Shaft, les lianes s’enflamment. Le feu dévore tout jusqu’à qu’il ne reste plus que des cendres qui s’éparpillent au gré du vent. Ils quittent le lieu en ordre dispersé après s’être consultés du regard.

 

Une fois de retour à la Flûte dorée, l’elfe fait un point sur leur situation.

 

« Nous nous rapprochons de l’origine de ce mana maléfique, il semble affecter toute créature vivante et la met dans un état d’excitation suprême. Tout le potentiel de force du corps possédé par ce mana est libéré sans se soucier des conséquences. Et il semblerait que des hommes soient impliqués dans cette affaire. »

 

« Décidément, les humains n’apprennent jamais de leurs erreurs. Ils mettent en danger l’équilibre du monde avec leurs basses magouilles. »

 

La loli conclut le discours de Shaft en affichant une moue dédaigneuse. Cana prend à son tour la parole et philosophe :

 

« Les conflits de canards se terminent au mieux en confit. Je me demande si les hommes sont mieux lotis. »

 

***********************************

 

Dans une chambre d'auberge douillette, une jeune fille aux cheveux argentés s'éveille. Le corps encore engourdi par la fatigue, elle se frotte les yeux avec ses petites mains. La chambre dans laquelle elle se trouve lui est totalement étrangère. S'était-elle encore assommée contre une porte en verre ? Une bonne âme l'avait-elle secourue ?

 

Elle n'aurait jamais dû venir dans cette ville pensa-t-elle. Callune est un fléau, le némésis même de son existence. Quelle andouille a eu l'idée saugrenue de bâtir une ville essentiellement en verre ? Si elle l'avait tenu en cet instant entre ses mains, il aurait subi un châtiment exemplaire. Elle serre le poing et affiche un sourire cruel à la perspective de cette torture, en total contraste avec son apparence angélique.

 

Puis elle réalise qu'elle n'est pas toute seule dans la pièce. Dans un autre lit, une superbe jeune femme blonde est étendue de tout son long sur le dos et parle dans son sommeil.

 

« On mange toujours du magret de canard pour accompagner le tonneau de rhum voyons ! Et son foie aux épices est une tuerie. »

 

Un filet de bave coule à ses lèvres, ôtant tout charme au tableau. A ses côtés, une autre fille en nuisette de soie noire la contemplait en silence. Sa queue remue doucement dans un mouvement de balancier et ses oreilles s'agitent imperceptiblement. Syel réalise que leur invitée a fini par se réveiller. Elle secoue l'épaule de Sandy et penche vers son oreille.

 

« Ton nyanko s'est réveillé princesse. Allez debout ! »

 

« Hein ? Quoi ? Je n'ai même pas terminé le tonneau ! C'est pas juste ! »

 

Sandy se lève machinalement, toujours à moitié dans les bras d'El Ternal, le dieu du sommeil. Elle est vêtue d'une ample chemise déboutonnée qui laisse entrevoir sa poitrine. Elle lui a été gracieusement prêtée par l'aubergiste le temps que ses vêtements sèchent devant l'âtre de la grande salle. Elle se rapproche du lit voisin, caresse un instant la tête aux cheveux d'argent puis se rendort en la serrant fort contre elle.

 

« Ne bouge pas trop surtout petite fille, tu pourrais la réveiller. »

 

Abasourdie, la loli se demande sur quels gens elle bien pu tomber. Elle peine à les classer dans une catégorie tant leurs mœurs la perturbent. Puis les événements de la veille lui reviennent progressivement en tête. Elle sort brusquement du lit.

 

« Hey ce n'est pas le moment de roupiller, un grave danger nous guette ! J'ai lu dans les mémoires du type en noir qui m'a agressée. Il appartient à une organisation de l'ombre baptisée « Okami » qui a pour objectif de répandre une drogue étrange dans le royaume de Floréas. Si nous n'agissons pas tout de suite, cela sera le chaos dans toute la contrée ! »

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Non je ne tire pas la violence de toi, le rire tout au plus. :d

 

Vu que tu as un alignement "evil", j'ai trouvé ça plus sympa d'en faire un perso plutôt impitoyable et violent. Je trouvais ça plus cohérent avec son "chara-design" si j'ose dire.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Petit post non pour poster un nouveau chapitre au plus grand désespoir de la princesse mais pour dire que j'ai commencé à mettre le LN sur un blog.

 

Pour l'instant, j'ai juste mis les 5 premiers chapitres, vous pouvez les lire ici :

 

https://shaftael.wordpress.com/lnoa/

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Je suis pas firster, mais j'ai fini par rattraper tout mon retard dans la lecture du LN.

Franchment, plus je le lis, plus je m'amuse! Tu a un style de narration très léger qui permet une lecture fluide et agréable...ça change du Balzac que je devais lire. L'histoire devient de plus en plus intrigante et passionnante. J'étais vraiment contente de retrouver mon Quatuor préféré embarqué dans une nouvelle aventure! :inlove2:

 

Mention spéciale au canard que j'apprécie de plus en plus XD !!!

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Curieusement, malgré le temps qu'il a mis pour sortir, je trouve ce chapitre assez moyen.

J'ai relu vite fait, il doit rester des fautes.

 

---------------------------------------------------------------------------------------

 

Chapitre 13 : La menace se précise

 

Syel se rapproche alors de la jeune fille et sans prévenir lui donne deux claques qui la laissent à moitié sonnée.

 

« Du calme, cela ne sert à rien de paniquer. Le royaume peut attendre. Par contre plus grave, regarde ! Tu viens de réveiller Sandy ! Je ne peux plus contempler le seul moment de la journée où elle est adorable… »

 

Sandy assise dans le lit se frotte les yeux et commence déjà à réclamer le petit déjeuner. Syel soupire et puis enfile vite fait ses habits de mercenaire.

 

« Soyez sages, je vais chercher quelque chose de consistant à manger. »

 

Sans attendre de réponse, elle referme la porte derrière elle et descend négocier avec l’aubergiste une bonne collation pour la princesse et son « nyanko ».

 

« Atchoooooouuuu ! »

 

Le courant d’air fait éternuer la jeune fille au ruban dans les cheveux qui réalise soudainement qu’elle ne porte qu’une culotte. Gênée, elle dissimule sa poitrine avec ses bras avant de finalement opter pour le lit de Syel. Elle s’enfouit complètement sous les couvertures jusqu’à ne former qu’une bosse contre le mur.

 

Syel revient avec un plateau copieusement garni. Elle dépose délicatement les écuelles remplies de soupe brûlante sur la petite table en bois au milieu de la pièce. Le fumet de la viande qui surnage au milieu des légumes décide leur invitée à sortir sa frimousse du drap. La nekoknight pose le plateau sur la table ronde au centre de la pièce.

 

Les yeux de Sandy semblent parcourus par une lueur féroce, elle s’empare d’une écuelle qu’elle attaque avec empressement. La jeune fille aux cheveux argent tente de l’imiter mais se voit interrompue par Syel qui la frappe sur les doigts avec une cuillère en bois.

 

« Ara ara et les bonnes manières mademoiselle ? Nous ne savons même pas qui tu es, nous t’avons secourue par miséricorde et tu veux en plus te remplir l’estomac à l’œil ? »

 

« GARGLLLLLOOOOOUUUGGGLLLL. »

 

Un gargouillis sonore vient répondre à l’interrogation de la neko. L’invitée rougit comme une pivoine et répond avec un air gêné.

 

« Enchantée de faire votre connaissance, j’ai beaucoup de surnoms mais les gens proches de moi m’appellent généralement Kimo. J’aime m’empiffrer de cookies et je déteste les portes en verre. »

 

Kimo s’incline après cette déclaration, toujours comme empaquetée dans les couvertures.

 

« C’est bien Kimo, gentil nyanko ! »

 

Sandy lui tend une écuelle de soupe et en profite pour lui caresser les cheveux. Syel soupire, dissimule un léger sourire et se sert à son tour. Des couleurs reviennent sur des visages revigorés par la nourriture chaude.

 

« Alors que disais-tu à ton réveil ? Tu parlais d’un complot et de criminels je crois ? »

 

« Oui, j’ai utilisé ma magie pour interroger l’âme du bandit et j’ai pu apprendre qu’il appartenait à une puissante organisation criminelle baptisée Okami. Ils veulent répandre une mystérieuse drogue blanche pour semer le trouble dans le royaume. »

 

« A ton âge savoir utiliser une magie spirituelle aussi puissante… Je ne détecte pas de mensonge pourtant dans tes mots, le rythme de ton cœur est stable. »

 

« Wow mon nyanko sait utiliser une magie antique oubliée, la classe ! »

 

« Est-ce que tu saurais nous mener à leur repaire ? »

 

« Je pense que oui, je dispose des mémoires de mon agresseur. Le quartier général de l’organisation est située dans la forêt un peu plus loin sur le territoire de Pina. »

 

« Cool de l’action ! Mes muscles commençaient à se rouiller. Allons apprendre à ses bandits ce qu’il en coûte de s’attaquer à mes possessions Syel ! Dis oui s’il te plaît… »

 

Sandy fait une moue adorable, les yeux légèrement embués dans le but de faire céder sa servante. Syel ne peut s’empêcher de soupirer. Cette situation l’inquiète mais elle ne pouvait pas exposer la princesse à un aussi grave danger. Elle est après tout responsable de sa sécurité. Mais lisant la détermination dans son regard, elle sait très bien qu’il sera impossible de lui faire changer d’avis, à ce garçon manqué obsédé par les batailles. Il vaut mieux la garder dans son champ de vision que de laisser la princesse en faire à sa tête.

 

« Très bien, mais promets-moi d’être prudente et de ne pas foncer tête baissée dans la bataille. »

 

Le sourire rayonnant de Sandy en réponse à ces mots semble venir du royaume des cieux. Syel et Kimo retiennent leur souffle à la vue de ce sourire angélique d’une déesse sadique des champs de bataille.

 

« Allons récupérer nos vêtements secs et nous partirons en repérage de leur quartier général dans la forêt. »

 

Une fois équipées, sans perdre de temps, les trois femmes quittent le petit nid douillet de l’auberge et se dirigent vers la forêt d’Arach. Traversée en son centre par le fleuve Jubil, c’est une grande forêt à la végétation luxuriante qui sépare les royaumes de Floréas et de Pina.

 

« Es-tu sûre que tu veux venir avec nous Kimo ? Tu peux encore faire demi-tour tu sais. Il n’y a pas de mal à ça, nous serons peut-être trop occupées à nous défendre pour t’aider dans le feu de l’action. »« Vous avez besoin de moi pour trouver leur repaire je vous rappelle… »

 

« Ahlala ah oui c’est vrai j’oubliais complètement.. Hahaha que je suis bête ! »

 

« La nyanko est définitivement plus intelligente que sa blonde maîtresse. Par contre, d’après tes indications on est encore loin du but. Je vais lancer un sort pour que nous voyagions un peu plus vite. »

 

« SAD RESNU REPROK NEDREW TCIEL EIW ENIE REDEF NEZNAT MI DNIW. »

 

Un courant d’air souffle autour du corps de Syel. Ses pieds ne sont même plus en contact avec le sol. Elle assomme Sandy d’un coup précis à la nuque et la balance comme un sac de patates sur son épaule droite avant de tenir une petite Kimo toute tremblante par la taille de son autre bras.

 

« Accroche-toi fermement à moi le nyanko. »

 

« Je ne suis pas le nyanko, j’ai un nom je m’appelle Kimo et… »

 

Ne laissant pas le temps à la jeune fille de finir sa phrase, Syel s’élance, rapide comme le vent. Malgré la charge des deux jeunes filles, elle monte le long d’un arbre gigantesque à l’orée du bois à la force de ces jambes. Arrivée au niveau des branches colossales d’un arbre millénaire, elle saute avec une agilité stupéfiante de branche en branche. S’arrêtant de temps en temps pour laisser respirer une Kimo dont le visage vire au vert par moment, elle s’approche progressivement du but.

 

Après deux heures de ce moyen de transport peu conventionnel, elle perçoit au loin un bâtiment dans une clairière. Un bras du fleuve Jubil passe non loin de l’habitation. Deux bateaux sont arrimés là où le fleuve est moins tumultueux. Elle décide de couper son effort et se rapproche du sol, déposant précautionneusement les deux jeunes filles. Tandis que Sandy semble reprendre connaissance, Kimo tient son ventre et ne peut s’empêcher de vomir son petit déjeuner.

 

Au cœur de l’entrepôt, Le Rieur fait les cents pas. Il n’a pas eu de nouvelles d’un de ses hommes de main envoyés la veille. Un mauvais pressentiment l’assaille. Et si son plan avait fuité ? Puis soudainement, il s’arrête net et commence à ruminer entre ses dents.

 

« Cela ne sert à rien de s’inquiéter. Les fondations sont en place. Il ne reste plus qu’à enclencher la phase deux du plan. C’est un peu tôt mais tant pis. Les malheureux ! HAHAHAHAHA ! »

 

************************************

 

Pendant ce temps dans la ville de Callune, les membres de Love Lolis rentrent en ordre dispersé à l’auberge afin d’éviter d’attirer l’attention de la garde locale. En effet c’est une question de minutes avant que le feu de ce bûcher improvisé ne rameute les soldats du comte. Dans la main de Shaft, un cristal s’agite, son éclat gagne en intensité.

 

« Etrange, depuis cette rencontre avec l’homme qui nous a agressés, le mana du dragon semble vouloir se libérer de l’emprise la pierre où je l’ai scellée. »

 

Un bruit résonne à intervalles réguliers à travers la cité de verre, à la manière d’un gong géant. Lilu avec son ouïe fine tend l’oreille et tourne la tête vers l’édifice de la cathédrale de verre. Shaft acquiesce silencieusement et le groupe s’approche de la source du bruit, guidé par l’homonculus.

 

Sur la place de l’église, une troupe de soldats fait un cordon de sécurité autour de l’édifice et empêche les badauds attroupés d’avancer plus loin. La lourde porte de métal est déformée sous la force de violents coups portés de l’intérieur. Un groupe de mages de la milice lance des sorts de renforcements d’armures via leur magie sainte sur les soldats qui se préparent au combat imminent.

 

Shaft contemple la scène de loin, impassible. Le visage de Lilu se tend comme si son instinct sauvage la prévenait d’un danger. Kiri reprend son souffle les mains sur les genoux, le canard juché sur son épaule.

 

La porte massive de l’église finit par céder, laissant place à un groupe de petites silhouettes à la démarche mécanique. Le soleil permet alors de mieux distinguer leurs traits. Il s’agit d’un groupe d’adolescents de toutes origines aux vêtements plutôt sales. Mais ce qui frappe par-dessus tout ce sont leurs pupilles blanches et dilatées, ainsi le sang qui s’en écoule. Un soldat semble reconnaître un jeune homme dans le groupe et laisse tomber sa lance. Il s’élance vers lui.

 

« Matifaaaaa !!! »

 

Un adolescent arrête sa marche en avant puis regarde l’homme en armure qui se précipite vers lui pour l’embrasser. Un instant plus tard, une tête à l’expression hébétée roule à même le sol. Les soldats, tétanisés par la violence et la rapidité de la scène, mettent un temps d’arrêt dont profitent les jeunes hommes pour les attaquer au corps à corps.

 

Dans le carnage de la mêlée, encore sous le choc de la mort du père de famille, les soldats peinent, confrontés à la force surnaturelle de leurs adversaires. Ceux-ci déchirent le bras d’un homme dans la force de l’âge avec une facilité déconcertante. Les mages ne peuvent pas lancer de magie offensive par peur de blesser leurs alliés et se contentent de soigner ce qui peut encore l’être. Les adolescents présentent de nombreuses plaies béantes sur leurs corps mais n’en déciment pas moins avec une efficacité redoutable le groupe de soldats.

 

Ils ne semblent pas connaître la douleur, ce ne sont plus des hommes mais des créatures taillées pour le champ de bataille. Les mages haut-placés commencent à prendre peur et sonnent la retraite, décidant de retourner par la voie des airs jusqu’à la forteresse pour s’y barricader.

 

Shaft décide alors de se joindre à l’action, lançant une nouvelle fois le sort d’invocation de lianes végétales.

 

« EIW UEFE BIGMU ERHI ETUEB. »

 

Les lianes s’entortillent autour de la dizaine d’adolescents encore debout au milieu d’un amas de cadavres.

 

« HOOOOOOOOOOOUUUUUUUUU. »

 

Leurs corps émettent alors une mystérieuse lueur rouge provoquant le flétrissement des végétaux qui y sont exposés, libérant les jeunes hommes de leurs entraves. Pendant ce temps Lilu s’est élancée haut dans le ciel et brandit sa gigantesque hallebarde avant de la relâcher de toutes ses forces sur l’un d’entre eux, le coupant littéralement en deux avant de créer un cratère dans le sol de pavés, emportée par son élan. Cana n’hésite pas également à se lancer dans la mêlée, visant avec son bec les yeux des ennemis afin de diminuer leur mobilité, les poussant à adopter une posture défensive par réflexe.

 

Kiri, quelque peu refroidi par ses dernières tentatives d’héroïsme s’est assis à même le sol, les jambes tendues et le dos en arrière. Il contemple la danse guerrière de Lilu au milieu de la masse, un brin d’herbe à la bouche. Alors que le sort de Shaft se dissipe, Lilu et Cana se retrouvent encerclés, chacun couvrant les arrières de l’autre. Le duvet touche la robe de la première. La loli prend subitement le canard par le cou puis l’envoie haut dans le ciel.

 

Le stigmata rouge de son front brille et semble entrer en résonance avec la pierre sertie dans l’arme. Elle saisit la hallebarde de ses deux mains par l’extrémité opposée à la lame. Elle commence alors à tourner sur elle-même de plus en plus vite jusqu’à former un tourbillon de lumière rouge. Des cris de douleur aigus en émergent. Puis progressivement le silence se fait alors que la lueur pourpre faiblit pour ne finalement révéler qu’une silhouette de petite taille. Celle-ci titube, mais parvient à se tenir debout grâce à la force de sa volonté et au soutien de l’arme.

 

Telle une valkyrie, le visage maculé par le sang, elle piétine dans une mer rouge parsemée des restes de ses ennemis. Le coin de ses lèvres se soulève légèrement pour former un sourire cruel. Quelques instants plus tard, le canard se pose en douceur derrière Kiri et ne peut résister à la tentation de lui donner un coup de palme afin d’effacer son air niais alors qu’il admire, fasciné, la loli.

 

« UUUUUUUUUUUUUURRRRRRRGGGGG. »

 

Kiri sur le point de courir à la suite de Cana dans le but de le déplumer est stoppé net dans son élan par ce hurlement lugubre. Shaft se rapproche de Lilu, une pierre bleue à la main.

 

« SAD EF TIG FARK NU TATILATIV UZ MESEID NESEW »

 

Une lumière chaleureuse à l’aspect laiteux entoure l’homonculus, lui permettant de recouvrir une partie de ses forces. Elle finit par se redresser sans s'appuyer sur son arme. Le haut elfe se retourne alors vers Kiri.

 

« Il semblerait que nous venions de terminer l’entrée, le plat de résistance nous attend. »

 

« Je ne sais pas pourquoi, je me sens comme une tranche de bacon sur le grill ! »

 

« QWAK ! Le barbeuk’ c’est le bien, foi de canard ! »

 

Le petit groupe pénètre dans la cathédrale, scrutant les alentours, attentifs aux dangers tapis dans l’ombre.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Un peu moins de descriptions que d'habitude.

Effectivement, il y a deux trois fautes (que je n'ai pas notées)

 

Pas été super efficace moi sur ce chapitre '^'

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Han, j'avais zappé de lire m(_ _)m

en aurait tu marre d'écrire par hasard shaftou, la vie te rattrape ? :hum:

Comme dit canard, y a moins de descriptions, c'est bien dommage, et peut-être un peu moins d'humour :hum:

Mais bon je m'en lasse pas

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Votre contenu devra être approuvé par un modérateur

Invité
Vous postez un commentaire en tant qu’invité. Si vous avez un compte, merci de vous connecter.
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Supprimer la mise en forme

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien